Warsheh : le design graphique dénonce !

D’Afrique du nord au Moyen-Orient, le monde culturel vibre à la découverte, au grand jour, de diverses formes d’art dans ce berceau tumultueux. Génération super-connectée, dans le cadre d’un monde à portée de clics et fanatique des réseaux sociaux, l’art passe forcément par le moule de l’innovation. Ainsi, de nouveaux domaines cherchent à se frayer un chemin sur le devant de la scène. C’est notamment le cas du design graphique, qui correspond à une discipline, professionnelle, alliant texte et image, une forme de communication visuelle, pour transmettre un message spécifique au public. Une agence rafraîchissante de jeunesse propose une forme d’expression tout à fait singulière : Warsheh, ou la culture arabe s’imprégnant de son temps.

Warsheh est une agence de design et de branding s’inspirant d’un éventail de thèmes, qu’ils soient politiques, artistiques, de société, qui se veulent engagés ou cyniques. Elle est composée par un quatuor de graphistes : Mothanna Hussein, Tamer Almasri, Michael Makdah et Hadi Alaeddin. Warsheh est une agence basée à Amman, capitale jordanienne, faisant de ses fondateurs des observateurs au cœur d’éclosions revendicatrices du monde oriental. En effet, le hasard fait que cette agence fut créée en 2011, un timing précurseur du début des révoltes arabes. Si le hasard fait bien les choses, il inspire également. Cette période contestataire, que la région continue de traverser encore aujourd’hui, provoque plus qu’un désir de liberté, elle est source d’une inspiration propice à la création. Ces soulèvements marquent une situation inédite dans l’histoire. Il en découle le développement d’un style d’expression artistique avec les caractéristiques propres à une génération bordélique puisant dans un mélange de références opposées, qui s’entrechoquent, qui s’unissent, qui s’ignorent. L’un des sujets favoris est l’indignation, comme si nous y étions prédisposés. On s’indigne et on dénonce. La dénonciation se pratique sous toutes les formes, et Warsheh se propose d’en user et d’en abuser. Ce que l’on se plait tant à appeler des révolutions a, dès le départ, été suivi par des effets sur les courants artistiques. Warsheh dénonce la guerre et promeut une forme d’engagement propre à la conjoncture actuelle.

Les révoltes arabes ont mis en place une notion oubliée dans la région. L’émergence d’une forme de « communauté » arabe est devenue un élément clé plaçant sur le second plan toutes les spécificités nationales. Warsheh se transforme en porte-voix des messages que le quatuor véhicule. Leurs travaux expriment une prise de position, une opinion assumée. Elément de la renaissance d’une mode alternative de la culture orientale, Warsheh ne décolle pas de son identité. La langue arabe, les mosaïques orientales, ainsi que des visages basanés sont omniprésents dans leurs travaux. Certains graphiques sont directement inspirés d’artistes connus de tous, comme John Lennon, des références à des artistes, comme le logo de Nirvana revisité, ou encore le mélange entre les signatures de Ralph Lauren et de Lacoste, qui finit par donner un cavalier montant un crocodile.

Finalement, les travaux de cette agence trouvent une oreille attentive au sein d’une génération qui, de l’Est à l’Ouest, aspire à des valeurs universelles dans la dernière convulsion d’une overdose de l’ambiance environnante.

Le trumblr de l’agence pour découvrir leurs travaux: http://warsheh.tumblr.com

 

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