Un jour une oeuvre: Bashir Makhoul à l’IMA

OTHERWISE OCCUPIED, Bashir Makhoul, Courtesy Bashir Makhoul

Otherwise Occupied dénote clairement parmi les œuvres présentées au sein de l’exposition La Palestine à l’IMA. L’œuvre de Bashir Makhoul, présentée en 2013 à la 55° biennale de Venise, met en exergue une réflexion sur la déterritorialisation et le développement de l’identité. Son installation se veut être une invitation à occuper et agir sur l’espace.

Dans la grande salle sombre des sous-sols de l’Institut, s’accumulent des dizaines de cartons tailladés. La quantité des boîtes associée à la taille de la salle et au bruit sourd de la ventilation plonge le visiteur dans un mal-être certain. Quelques secondes de concentration permettent alors de laisser libre court à l’imagination et de voir dans ces cartons des petites maisons imbriquées les unes sur les autres de telle sorte à former un bidonville.

Art is a way of raising questions and allowing people to think about the answers for a moment, rather than just attempting to provide them. I want to draw people in with the aesthetic of the imagery and then confront them with deeper issues, such as nationalism and religion. Bashir Makhoul

Une présence prolongée dans la salle permet alors de pénétrer dans une seconde phase de l’approche de l’installation. L’artiste a intégré le visiteur à son processus de création en le laissant inscrire sur les boîtes afin de s’inscrire en tant qu’identité à part entière au sein de l’œuvre. Ciseaux et feutres étaient alors mis à disposition de ceux qui souhaitaient modeler l’œuvre au sein de l’espace. Je ne sais si cette co-création a été encadrée mais j’ai été frappée par la mesure des mots. Alors que l’on pourrait s’attendre -d’autant plus que le sujet politique est délicat –  à une logorrhée digne des murs des réseaux sociaux, il en ressort un message global positif et joyeux. Les phrases pleines d’humour (« Less Hamas more houmous ») autant que les mots de « paix », « espoir », « courage » viennent transformer cette dystopie en lieu profondément humain. De ces cartons troués se dégage alors paradoxalement une émotion soudaine de joie.

Cette expérience nous exhorte à poser la question de la réception de l’œuvre au cœur de la création. Ici, c’est le visiteur lui-même qui module l’œuvre afin de lui donner vie. Le choix de la construction a été fait alors même que la destruction totale de l’œuvre était possible.

Une œuvre à aller rencontrer à l’Institut du Monde Arabe, jusqu’au 20 Mars.

Bashir Makhoul est un artiste palestinien né en 1963. L’artiste vivant en Angleterre depuis 22 ans décrit son travail comme une « résistance subversive ».

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