Thulth, nouvelle pierre à l’édifice de Tamer Abu Ghazaleh

Durant le Festival Ile-de-France, Tamer Abu Ghazaleh, chanteur, compositeur et producteur palestinien, basé au Caire, a inauguré la sortie française de son troisième album, Thulth.

Virtuose du oud, bouzouq et harmonium, Tamer baigne dans un environnement musical depuis sa tendre enfance. Très tôt, il se met à composer sa propre musique. Elle est fortement imprégnée de son attachement à la Palestine mais aussi à la poésie et aux mélodies arabes. Avec Thulth, Tamer ne verse pas dans le concept. Il a rassemblé des titres qu’il compose depuis huit ans et qui retracent son parcours musical. Thulth est une véritable montagne russe d’émotions, aussi bien entre les chansons de l’album qu’à l’intérieur de celles-ci. Tamer nous emporte à bord de son navire musical, sur des mélodies enjouées et sarcastiques et tout en innovant musicalement.

La chanson la plus emblématique de ces vagues d’instruments et de genres est certainement « Takhabot ». En plein milieu des notes de son oud déjanté, la mélodie de la panthère rose s’invite soudainement…Jusqu’à ce que Tamer pousse à nouveau son refrain poétique et lancinant:

Le soleil a bu un verre et a oublié de se coucher.

Cette poésie, on sent que Tamer y tient beaucoup. Que ce soit la sienne ou celle de Ramez Farag (dans Fajrolbeed),  Tamim Al Barghouti (dans Namla) ou Qais Ibnul Mulawah (dans Hob), la poésie fait partie intégrante de l’univers musical de Tamer. A la fois fins et cyniques, les textes écrits ou interprétés reflètent cette passion pour l’imagerie et la beauté des mots.

Quelques jours plus tard, ce sentiment se trouve confirmé lorsque Tamer met le feu sur scène avec la puissance de sa voix et son oud porté comme une guitare. Chaque parole prend davantage de sens à travers ses mimiques et le dialogue qu’il tisse avec les musiciens qui l’entourent.

Titre après titre, le public se laisse porter par les rythmes saccadés – qui s’enchaînent comme dans Hob qui répète inlassablement « Ils disent que Layla m’a torturé avec son amour, pourtant quelle torture bien-aimée ». Le mythe de l’amour impossible de Qais pour Layla est ainsi repris par Tamer Abu Ghazaleh avec cette pointe d’humour qui le caractérise.

Le concert se termine en beauté avec Helm, dont les basses profondes accentuent la gravité du rêve étrange qu’il relate. Le temps d’une soirée, sans le réaliser, les neuf titres de Thulth se sont enchaînés avec une fluidité déconcertante. Aux yeux brillants du public, cela ne fait aucun  doute, la magie a opéré.

Pour renouveler l’expérience et le voir en concert, Tamer sera au Periscope à Lyon le 28 octobre, à Paris le 29 octobre aux Les Primeurs de Massy 2016 et le 17 février à l’Institut du monde arabe.

Pour le futur, Tamer ne manque pas de projets. Il nous a confié travailler de concert avec Mariem Saleh et Maurice Louca sur un projet qui s’appellera Lekhfa. Avec un mélange aussi éclectique que les sons électroniques de Maurice, les voix distinctives de Mariam et Tamer, ainsi que les nombreuses cordes à son arc, le projet promet d’être déroutant.

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