Tamara Abdul Hadi : le Proche-Orient sur papier argentique

C’est une œuvre éclectique que nous propose la photographe canadienne d’origine Irakienne Tamara Abdul Hadi. Née aux Emirats arabes unis et élevée au Canada, Tamara Abdul Hadi est une photographe basée à Beyrouth. Sa particularité ? Elle jette un regard frais et original sur le Proche-Orient, cette région dont on entend plus souvent parler pour des bombes et des guerres que pour les sourires de ceux qui y habitent.

On découvre sur son site internet sept séries de photographies, assez hétérogènes mais reliées malgré tout par un point commun : elles parlent toutes du Proche-Orient, et elles sont toutes profondément marquées par l’humanité d’une photographe talentueuse.

Tamara Abdul Hadi jette un regard frais et original sur le Proche-Orient, cette région dont on entend plus souvent parler pour des bombes et des guerres que pour les sourires de ceux qui y habitent.

Nous avons tous entendu dire qu’au Caire, certaines familles vivaient depuis plus de 60 ans dans des cimetières. Tamara est allée à leur rencontre, les a photographiées dans leur vie quotidienne, pour nous dire qu’au final, ces familles sont comme les nôtres, et qu’elles méritent autant de considération, et pas une pitié mal placée. C’est ce qui donne sa force à la série City of the Dead.

Une autre série de photos, plus audacieuse, tout en restant dans une élégante retenue, retient l’attention : Picture of an Arab man. En détournant l’image traditionnelle de l’homme arabe, rude, rêche, insensible et fort, Tamara Abdul Hadi nous laisse au contraire découvrir une série de portraits d’hommes – arabes, donc – semi nus, dans des poses plus sensuelles qui tranchent catégoriquement avec l’image (construite ou pas) d’un homme arabe foncièrement antinomique de toute idée de beauté.

Enfin, pour la sélection, c’est sans doute la dernière série proposée par le site web de l’artiste qui interpelle le plus. Self portraits from inside Palestine est une idée audacieuse, où l’artiste propose à des habitants de Ramallah de se mettre eux-mêmes en scène, et de prendre la photo à leur guise. La démarche est à la fois simple et artistiquement audacieuse. Il s’agit de laisser ceux à qui on ne demande jamais leur avis, ceux qui sont filmés par des médias à la limite du voyeurisme, se mettre en scène, au moins une fois dans leur vie. Comme expliqué sur le site, ils peuvent s’imaginer riches, puissants, ou tout ce qu’ils veulent. Tout ce qui importe pour eux, c’est, pour une fois, de créer leur propre image, et de la projeter à la face du monde. Une démarche à saluer, donc.

 

 

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