Rockin’ the Kasbah à l’Institut des Cultures d’Islam

Placée sous le signe de la subversion, la programmation artistique et musicale Rock the Kasbah se dévoile du 7 mars au 30 juillet 2017 à l’Institut des Cultures d’Islam.

L’intitulé de cette nouvelle saison culturelle n’est pas sans rappeler le titre mythique du groupe punk britannique The Clash, enregistré en 1982, suite à l’interdiction par l’Ayatollah Khomeini d’écouter du rock en Iran.  En écho à cet hymne à la fois providentiel et contestataire, Rock the Kasbah promet de nous plonger au cœur d’un récit artistique et musical aux énergies créatives empreintes de transgression. Ces éléments sonores nous rappelleront le lien entre musique, résistance et spiritualité.

L’exposition éponyme explore la puissance émancipatrice de la musique. Une immersion visuelle et sonore célébrant la pensée créatrice au travers d’œuvres contemporaines engagées de l’Afrique sub-saharienne à l’Asie du sud-est, en passant par le Maghreb, l’Europe, le Moyen-Orient et les Etats-Unis.

 

L’état modifié de conscience est observé par Angelica Mesiti dans la pratique rituelle du Nakh ou « danse de cheveux ». La vidéo invite le spectateur à vivre une expérience hypnotique en résonnance à l’état de transe des danseurs.  L’expression corporelle se révèle également dans les photographies de Siaka  Soppo Traoré à travers un dialogue dynamique entre effervescence urbaine et mouvance des corps de breakdancers. L’expérience se prolonge avec l’installation de Magdi Mostafa, nous entraînant dans une immersion sonore, les vendredis de prière et de travaux ménagers dans les quartiers du Caire populaire.

Face à la prohibition, la musique se transcende. L’artiste Hiwa K livre un combat contre l’oppression dans les rues de Souleimaniye au Kurdistan irakien au moyen d’un hamonica. Tandis que Jompet Kuswidananto nous entraîne dans un environnement immersif avec une installation aux figures musicales fantomatiques, interprétation visuelle d’une Indonésie en quête identitaire. L’instrument comme objet de révolte prend tout son sens dans l’œuvre sonore de Christian Marclay. Une guitare est attachée et traînée à l’arrière d’un pick-up, métaphore au lynchage de l’africain-américain James Byrd Jr dans un Texas en proie à un violent racisme.

La force salvatrice de la musique est explorée dans l’installation de James Webb à travers un enregistrement de Dhikr soufi entamé par des patients d’un centre de désintoxication en Afrique du Sud. Alors que dans un registre humoristique, Adel Abidin ressuscite Michael Jackson dans une vidéo où il apparaît comme une figure prophétique.

Ce rendez-vous culturel consacre un volet à l’histoire de Barbès. Katia Kameli entreprend un voyage de ce quartier emblématique jusqu’à la ville d’Oran, berceau d’une musique populaire et contestataire, le Raï. Enfin, les photographies de Philippe Chancelle nous invite dans l’univers des années 1980 de la jeunesse parisienne black blanc beur.

L’exposition donne le la à une séduisante programmation rythmée à coup de karaoké franco-arabe, hammam mix, concerts électro rock, projections, lectures de poésies, conversations publiques et bien plus encore – avec une programmation dédiée tout le long du mois de ramadan également.

Rock the Kasbah promet de nous en mettre plein les yeux et les oreilles à l’Institut des Cultures d’Islam.

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