Pontes Tunisie, reconstruire la mémoire de Bab Souika

Adresse : 12 rue Sidi Ben Naim

Après une promenade dans la médina de Tunis, l’une des plus grandes au monde arabe, nous rejoignons l’espace investi par l’association Pontes Tunisie pour ses activités. Nous découvrons alors une maison nichée au beau milieu de Bab Souika, entre de belles portes cloutées et des maisons peintes à la chaux blanche.

L’espace qui s’offre à nous a l’apparence d’un petit musée de curiosités et donne sur une grande cour blanche en construction. Les livres anciens et les objets qui s’y accumulent confèrent au lieu une authenticité pleine de charme et donnent envie d’y passer de longues heures, à feuilleter et découvrir les ouvrages entreposés. C’est en effet au 12 rue Sidi Ben Naim que se trouve la maison familiale que Faiza Majeri, journaliste et membre de l’association Pontes, a décidé de transformer en espace culturel ouvert au public. Accompagnés par Faiza et Aberrazak Khadraoui, président de l’association, nous visitons et conversons à propos de l’espace et de ses possibilités.

© Mehdi Drissi

© Mehdi Drissi

L’association et ses missions

Comme l’indique son nom, Pontes Tunisie est une association qui souhaite créer des “ponts” associatifs, socio-culturels et scientifiques en Tunisie et au-delà, entre les deux rives de la Méditerranée.

Active grâce à une demi douzaine de membres, la branche tunisienne de Pontes Italie s’est donnée pour mission de prolonger la tâche de l’association mère qui est de « s’occuper de la communauté tunisienne et arabe en Italie ». Créés après les événements du 14 janvier 2011, les principaux chantiers actuels de l’espace s’articulent autour de deux axes.

D’une part, un ensemble d’activités d’empowerment continu et de capacity building pour l’accompagnement des jeunes et leur réinsertion sociale. D’autre part, la restructuration des locaux historiques mis à leur disposition par la famille Ben Abderrazak, sis 12 rue Sidi Ben Naim, une maison du XIXème siècle du centre historique de la médina de Tunis.

© Mehdi Drissi

© Mehdi Drissi

Faire renaître le quartier de Bab Souika

Le quartier de Bab Souika a abrité un mouvement intellectuel important mais souffre aujourd’hui de désertion de la part de certaines familles qui y habitaient jadis et d’une paupérisation chronique.

Pour faire renaître la mémoire de Bab Souika,

« l’idée est donc de créer un espace qui abriterait toutes sortes d’activités culturelles et qui serait par là même un lieu de rencontres, d’échanges et surtout de mise en place de projets culturels intégrés : une bibliothèque de quartier, un salon d’exposition, un club de rencontres et de conférences, un studio de création photographique et surtout un cadre de formation pour les femmes et les jeunes ».

Outre ce volet, l’association œuvre pour valoriser le quartier « en attirant l’attention sur le problème de l’environnement ».

Abderrazak nous explique en effet que sa démarche consiste à traiter de l’environnement par le biais de la culture, en invitant les citoyens à prendre conscience des dégâts qui sévissent et à les sensibiliser pour la préservation de la mémoire de ces lieux historiques.

Pour conserver cette mémoire et faire revivre la maison de Bab Souika comme aux premières heures, Pontes a d’ailleurs fait appel à une association d’architecture locale afin d’en préserver l’authenticité.

© Mehdi Drissi

© Mehdi Drissi

Des projets pluridisciplinaires

Pour accomplir sa mission et redynamiser Bab Souika, Pontes a déjà organisé moult activités et travaille actuellement sur les suites à donner aux chantiers entamés.

L’espace a en effet accueilli une exposition et une projection de photos de cartes postales anciennes, des projection de films suivies de débats, à raison d’une projection chaque mois, une exposition de peinture, une exposition-vente de produits d’artisanat féminin et un séminaire sur la naissance et l’histoire du ciné-club en Tunisie.

En parallèle, Pontes a également organisé plusieurs conférences débats thématiques et des spectacles participatifs :

– Une conférence-débat sur l’immigration autour des conditions des immigrés tunisiens en Italie.
– Une conférence-débat de l’implication citoyenne dans la vie du quartier, Bab Souika.
– Un spectacle de musique suivi d’un débat sur les origines et significations de la musique populaire conduit par une historienne spécialiste du sujet en Tunisie.

Toujours avec cette volonté de parler la langue des jeunes et de les impliquer dans le projet de Pontes, l’association travaille actuellement sur le tournage d’un clip de rap, afin de diffuser son message différemment. Ainsi, en multipliant les activités et en s’installant au cœur de la médina, Pontes reconstruit les liens entre les populations et leurs multiples mémoires, au détour des ruelles historiques de Tunis.

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