Nishtiman, vibrations kurdes sur la scène de l’Alhambra

A l’occasion du festival Au fil des voix, la formation Nishtiman, ambassadrice des communautés kurdes, s’est produite à l’Alhambra le 1er février dernier. Hussein Zahawy, leader et porte parole du groupe, a répondu à nos questions.

Création, influences et évolution de Nishtiman sont évoquées avant que le kamanché ne grince, et que le daf ne nous secoue. Quelques secondes sur scène, et nous voilà déjà arrachés au monde et transportés sur un nuage de volupté par la force de ces voix au vibrato sensationnel.

Une pause a été nécessaire après la performance de Cigdem Aslan, jeune interprète d’un répertoire gréco-turque manquant de panache qui s’est produite en première partie. Le genre est dit Rebetiko, forme de musique populaire qui a souvent été réservée à la gent masculine. Ni le charme méditerranéen, ni l’aisance scénique de Cigdem, ni même ses prouesses vocales qui nous signalaient notre torpeur de temps à autre, n’ont hélas été suffisant pour amadouer notre ouïe. Incapables de saisir la dimension moderniste ou l’apport en fraicheur musicale, attribuées à la sylphide, l’entracte venait au secours des gorges sèches et mines désenchantées.

Une fois la légèreté nécessaire pour se laisser pénétrer par des mélodies envoûtantes retrouvée, nous regagnons nos sièges en bois. L’orchestre s’installe, le silence est religieux, quelques notes s’échappent et enveloppent d’emblée la salle dans  une atmosphère pieuse. L’alchimie est palpable et notre conscience élégamment assommée. Inutile de penser la musique, nous nous abandonnons pour la délecter.

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