Nadia Osi, redonner des couleurs à l’Irak

Née à Bagdad, Nadia Osi vit et travaille comme artiste en Iowa aux Etats-Unis. Les scènes de la vie quotidienne en Irak, les années cinquante et soixante, la riche et plurielle culture irakienne ainsi que les coutumes et habits locaux nourrissent les toiles de l’artiste. Le pays des deux fleuves retrouve sa nature véritable : une mosaïque de cultures et de couleurs.

Nadia Osi a surement dû se rappeler tout le chemin parcouru lorsque l’exposition, en 2016 à Dubaï, dédiée à ses œuvres fut retransmise sur les chaînes de télévision arabes. Depuis son enfance à Bagdad, elle n’a cessé de sillonner les capitales du monde pour apprendre et pouvoir exercer le métier qu’elle aime : peindre ces visages, ces détails et cette culture qui ont retenu son attention, ces hommes et ces femmes qui constituent l’âme de son pays de naissance.

C’est toute l’atmosphère Bagdadienne que j’ai voulu représenter avec ses femmes et ses hommes d’une époque  qui mettait en avant de belles valeurs humaines, des amitiés et des voisinages enracinés et chaleureux.

Bagdad, loin des yeux, près cœur

Fin des années quatre-vingt, Nadia, jeune étudiante obtient son diplôme et quitte les bancs de l’Académie des Beaux-Arts de l’Université de Bagdad pour aller étudier à Londres. En Angleterre, elle obtient en 1995 un Bachelor of Arts en Marché de l’art de l’American College. Ensuite elle va travailler en tant que designer graphique et illustratrice pour plusieurs entreprises de design et ce durant dix ans. Ses réalisations sont publiées dans plusieurs magazines et maisons d’édition du monde arabe dont le célèbre Al Jameela Magazine.

En 2007, la peintre part s’installer en Iowa où elle établit son atelier. Depuis, elle n’a cessé de participer à des expositions et des salons d’art pour exposer ses œuvres. L’artiste irakienne assume également des travaux de commission internationale pour des clients du Moyen-Orient, des Etats-Unis et de l’Europe. Même loin des rues de Bagdad, les lieux de son enfance et le parfum de son pays continuent à l’inspirer à travers cette peinture qui pour reprendre les mots de l’artiste « touche les sentiments, appelle à une certaine nostalgie liée à une époque, celle de la monarchie, où l’amour, la paix, le beau, les couleurs existaient en Irak… Un salut à ce pays qui fait tant rêver… à ce paradis perdu… ».

Des visages, des femmes et des hommes. Les portraits de Nadia Osi sont la partie de son œuvre qui a trouvé le plus d’écho chez les amateurs d’arts et les spécialistes. Toute la diversité irakienne est invitée à se présenter à travers ses tableaux : la femme irakienne chaldéenne avec ses habits et accessoires locaux, puis la femme irakienne de l’Assyrie, puis celles aux racines arméniennes, ainsi que les femmes du Sud de l’Irak et celles du Nord. Elles sont toutes là présentes, souriantes, élégantes, ambassadrices d’une culture millénaire. Et puis les hommes sont également parmi les invités. Nous retrouvons l’homme irakien qui se présente devant sa dulcinée – probablement avec un poème dans le cœur prêt à être clamé -, puis nous retrouvons l’effendi qui lit son journal dans un café ou l’homme irakien avec ses habits traditionnels.

A l’huile, à l’acrylique et parfois à l’aquarelle, Nadia Osi multiplie les procédés lorsqu’elle réalise ses toiles. L’artiste prend du plaisir à peindre et se sent en totale immersion au milieu d’un océan de couleurs et de pastels. Un sentiment de devoir accompli l’accompagne lorsque la peintre sait qu’elle est sur le point d’offrir une expérience plaisante et qui est susceptible d’éveiller les sens du visiteur. Le patrimoine, la culture, les traditions, les vieilles ruelles, le vieux café arabe du quartier et les gens ordinaires se retrouvent un temps pour redonner, de manière joviale, tout en couleurs, et avec ce goût du détail, une seconde vie à l’Irak.

« Une partie de mon travail est centré sur le patrimoine et le passé… Je cherche à archiver l’héritage et la vie sociale irakienne » précise Nadia Osi. Les réseaux sociaux, d’Instagram à Facebook, ne cessent de partager les œuvres de l’artiste bagdadienne et cela n’a rien de surprenant. A l’heure où l’Irak, autant son tissu social que son patrimoine culturel, frôle la disparition totale, l’urgence est de sauvegarder, sauver, et protéger. L’artiste en a conscience. Nadia Osi nous permet ainsi de nous remémorer cette époque, pas si lointaine, et aide le visiteur à exorciser le funeste tourbillon de violence et d’affliction dont le pays est aujourd’hui victime.

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