Medrar for contemporary art

Plateforme d’échange et lieu de rencontre, Medrar s’est installé au quartier de Garden city au centre du Caire. L’équipe à la source du projet y œuvre d’arrache-pied et souhaite insuffler une forte dynamique dans la scène artistique contemporaine. Mohamed Allam, co-fondateur, nous livre un aperçu sur la diversification des activités du centre.

Cairo video Festival

Au cours de ses études d’enseignement pédagogique artistique, Mohamed nourrit une forte passion pour les arts visuels et la vidéo sans pouvoir l’exprimer. Confronté au problème de manque d’infrastructure, il décide en 2005 de créer Medrar avec son camarade de promotion, Mohamed Abdekarim.

En 2007, l’idée se concrétise et évolue quand Diaa Hamed rejoint l’aventure. L’organisation du Cairo video Festival  en est l’événement déclencheur qui depuis, est devenu un rendez-vous incontournable des professionnels et amateurs d’art vidéo et de films expérimentaux.

A l’affût de nouveaux talents, le festival tend à encourager des projets jeunes et novateurs tout en leur assurant une intégration à de nouveaux réseaux pour plus de visibilité. En marge des projections, des ateliers didactiques accueillent de nombreuses personnes désireuses de participer à la réalisation d’un court métrage sous la direction d’intervenants internationaux. Pour la 6ème édition, en 2014, Christophe Ortellli, professeur à l’université HSLU Lucerne en Suisse a pu animer l’atelier intensif de 3 semaines avec Mohamed Abdelkarim.

© Mehdi Drissi

© Mehdi Drissi

Ces quelques années d’activité ont confirmé à Medrar la pénurie de productions de films expérimentales. Les précédentes éditions du festival ont été l’occasion de discuter des alternatives possible et les prochaines seront l’occasion de tester ce réservoir d’idées visant à soutenir la production locale. L’équipe de Medrar, forte de ces expériences, souhaite aussi créer un Studio de vidéos et films expérimentaux.

Roznama

Avec le soutien de l’Arab Digital Expression Foundation et de l’International Media Support, Medrar a pu créer une chaîne YouTube. Des séquences font un focus sur des personnes et initiatives inspirantes du secteur de la culture et des arts du monde arabe.

On y découvre notamment un reportage sur ROZNAMA. Ce terme d’origine persane était utilisé auparavant par les arabes pour désigner un calendrier, mais dont la polysémie recouvre aussi le sens de rapport. Chez Medrar, ce terme désigne un concours annuel regroupant plusieurs artistes égyptiens de moins de 30 ans afin d’évaluer, encourager et accompagner leur pratique. Une commission d’experts a pu sélectionner une trentaine de participants sur la base d’un nombre de demandes qui a excédé 350. Les prix varient entre l’octroi de matériel beaux-arts, de résidence artistique à Londres, de mise à disposition d’un atelier de travail pour la durée d’un mois ou encore l’organisation d’une exposition personnelle dans une galerie renommée du Caire. Tous les efforts vont dans le sens de promouvoir et dynamiser une scène artistique multidisciplinaire et innovante.

Medrar © Mehdi Drissi

Medrar © Mehdi Drissi

Une équipe de passionnés

Nous prenons quelques minutes pour faire le tour des lieux et contempler les dessins, tout juste accrochés, de l' »Egypt Comix Week 2″, une manifestation privée de bande dessinée accueillie par le centre. A notre retour au balcon où nos dictaphones nous attendaient, les yeux de Mohamed Allam brillent toujours. Nous lui faisons part de notre connaissance de sa participation en 2012 à Dream City, la biennale tunisienne pluridisciplinaire en espace public. « Yao-Ming Tunis » est une installation urbaine qu’Allam nous informe avoir renouvelé en Egypte pour finalement sondé des réactions similaires dans les différents espaces où il est intervenu. En collant le portrait du populaire joueur de basket-ball chinois sur différents murs,  l’artiste investigue, via cette figure de « Memes », le rapport entre la cyberculture et la culture populaire.

Après une résidence au Japon, Mohamed poursuit actuellement la post-production d’une vidéo mêlant danse contemporaine et des nouvelles d’Egypte. Des images qui promettent de traduire la grâce du mouvement chorégraphique et la poésie des lettres.

Je souhaite recevoir

les articles ONORIENT par e-mail !

Vous voyez, c'était rapide ! On vous envoie un e-mail bientôt !

Laisser un commentaire