Maisa Abd Elhadi, le nouveau visage de lutte Palestinienne

Ce 4 janvier en France, sort le magnifique film 3000 nuits  qui relate le quotidien de prisonnières palestiniennes dans une prison israélienne des années 80. Nous avons interviewé la belle Maisa Abd Elhadi qui incarne le personnage de Layal, l’héroïne du film.

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Maisa Abd Elhadi est l’une des actrices palestiniennes les plus acclamées de sa génération. Elle s’est notamment fait remarquer pour son rôle dans Dégradé, l’excellent film  des frères Nasser. Dans 3000 nuits, l’actrice est absolument bouleversante dans son interprétation de Layal, une femme douce mais fière et forte. Nous sommes tombés sous le charme. Interview.

Est-ce que tu vis en Israël ou dans les Territoires palestiniens?

Je vis en Palestine Occupée, à Nazareth.

Quand as-tu décidé de devenir actrice? Où as-tu appris?

Quand j’avais 9 ou 10 ans, j’ai vu le film “Leon” avec Jean Reno et  Natalie Portman. J’adorais le rôle de Natalie Portman et je me suis dit que j’étais capable de faire ça alors j’ai décidé de devenir actrice. J’ai étudié à « The Academy for Performing Arts » de Tel Aviv, Jaffa.

Est-ce que tu connais quelqu’un qui s’est fait emprisonné dans une prison israélienne?

Il y a quelques années, j’avais des amis qui se sont fait arrêter pour avoir participé à une manifestation contre l’occupation et les lois racistes du gouvernement israélien. En général, beaucoup de familles palestiniennes ont au moins un de leur proche dans une prison israélienne.

Es-tu proche de ton personnage Layal ?

Les femmes palestiniennes sont fortes, en ce sens Layal et moi sommes semblables. Mais, il y a une grande différence de charisme entre Layal et moi, à ce niveau là nous n’avons rien  en commun, et ça a été un gros challenge pour moi.

CANNES, FRANCE - MAY 12: Actress Maisa Abd Elhadi of the movie 'Personal Affairs (Omor Shakhsiya)' walks the red carpet aheat of the "Staying Vertical (Rester Vertical)" premiere during the 69th annual Cannes Film Festival at the Palais des Festivals on May 12, 2016 in Cannes, France. (Photo by Stephane Cardinale - Corbis/Corbis via Getty Images)

Photo by Stephane Cardinale – Corbis/Corbis via Getty Images

Le film est-il sorti en Israël et/ou en Palestine? Comment a-t-il été reçu ?

Le film a été projeté dans la plupart des cinémas des Territoires palestiniens. Il est également sorti à Jérusalem, Haïfa, Nazareth et Jaffa. Je me souviens que pendant une projection à Jérusalem, un docteur israélien qui était en train de regarder le film a été tellement touché qu’il s’est mis très en colère et a dit qu’il avait honte de la manière dont Israël traite les Palestiniens, il a répété à plusieurs reprises avoir honte d’Israël.

Je crois même que c’est plus important que des Israéliens regardent ce film plutôt que des Palestiniens. Cela reflète la réalité de la situation en Palestine, et beaucoup d’Israéliens ne connaissent pas cette réalité.

Comme tu es assez connue à l’étranger, as tu l’impression de représenter l’image des femmes palestiniennes?

J’essaye toujours d’être authentique et honnête. Mais il y a beaucoup de femmes palestiniennes. Il y a la femme au foyer, l’avocate, l’éduquée, la libérale, l’extrémiste, la mère, l’étudiante… Chaque femme a sa propre histoire. J’essaye à travers mon travail de représenter toute cette diversité.

#Dubai_international_Film_Festival2016 By @mohamed_3jeeb Makeup artist @makeup_by_yuliya_lahoika Hair stylist @aminkassar

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