Mahmoud Darwich, les vers de la résistance

Mahmoud Darwich est un poète et écrivain arabe né en 1941 dans un village palestinien. Il a vécu la plus grande partie de sa vie en exil à cause de ses engagements politiques pro-palestiniens très prononcés. Il fut enterré à Ramallah en 2008. Retour sur la vie d’un virtuose des mots et d’un militant de la paix.

Les engagements de Mahmoud Darwich lui ont valu un long exil. Il a vécu à Moscou, à Beyrouth, à Tunis, au Caire et à Paris. Il a déclaré lors d’un documentaire qui lui était consacré sur ARTE que : « En réalité, je n’ai pas vraiment l’impression de vivre quelque part. Une résidence sous occupation, on peut pas appeler ça une résidence véritable ou définitive. Tant qu’il y a occupation, l’être humain sent que sa situation est temporaire. Le seul endroit où je peux réellement me poser est un endroit imaginaire, c’est le langage. Avec le langage, on peut vivre partout dans le monde ». Son exil douloureux ne l’a jamais contraint à renoncer à ses engagements politiques au sein de l’organisation palestinienne de libération dans laquelle il fut le “nègre” de Yasser Arafat pendant plusieurs années et aussi l’auteur de la déclaration d’indépendance de la Palestine. Il fut d’ailleurs condamné par la justice israélienne à plusieurs reprises à cause de ses écrits et ses activités  En 1993, Il a quitté l’OPL, suite à ce qu’il décrivait comme la grande déception de l’accord d’Oslo auquel il était vivement opposé, car il voulait « la paix, mais la paix juste ». Il s’est ensuite consacré exclusivement à l’écriture.

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Mahmoud Darwich était l’un des rares, voire le seul à être capable de remplir un stade pour réciter ses poèmes, il suffisait d’inscrire le nom de Mahmoud Darwich sur une affiche pour que l’événement affiche complet. Ses poèmes sont le reflet d’un activisme politique, d’un amour inconditionnel pour la Palestine, mais aussi d’un romantisme et d’une mélancolie caractéristiques d’une région déchirée par la guerre et les souffrances. Il est parfois très difficile de dire avec certitude si Mahmoud Darwich parle de sa chérie ou de sa patrie dans un bon nombre de ses poèmes. Il magnait ses vers libres pour garder son combat pour la Palestine omniprésent dans ses textes. Il considérait que la littérature de résistance ne pouvait pas se résumer à des slogans plus ou moins violents, mais qu’elle peut prendre différentes formes tel que la « célébration de l’amour pour la vie » pour trouver « les raisons de l’existence en cherchant ce qui peut rendre la vie supportable ». Pendant le siège de Ramallah par l’armée israélienne en 2002, Mahmoud Darwich a écrit son poème Etat de siègeIl a déclaré que cela était son seul moyen de résister à cette occupation et qu’à chaque fois qu’il écrivait un vers, il voyait les tanks reculer d’un mètre ou deux. Son engagement sans faille et son dévouement lui ont valu le statut de symbole de la cause palestinienne.

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Rita et le fusil, un très beau poème, interprété par Marcel Khalifé, où Mahmoud Darwich revient sur un amour d’enfance entre lui, palestinien et Rita, une petite fille israélienne. Marcel Khalifé qui a chanté aussi entre autres les poèmes Ommi (أمي) et Je suis Jospeh, Oh père (أنا يوسف يا أبي). Ce dernier poème a valu à Marcel Khalifé 3 procès pour blasphème car le texte reprend un verset coranique, ce qui a suscité la colère de certains fondamentalistes. Mahmoud Darwich, comme un bon nombre d’intellectuels arabes, était profondément attristé par ce procès qu’il qualifiait “d’honteux” et “d’insulte pour la culture”.

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Entre Rita et mes yeux : un fusil

Et celui qui connaît Rita se prosterne

Adresse une prière

A la divinité qui rayonne dans ses yeux de miel

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En 2008, Mahmoud Darwich savait qu’il allait bientôt mourir. Avant sa dernière opération chirurgicale, il a écrit sur un morceau de papier : “Je sais que mon combat contre la mort est fini et que la mort vaincra cette fois”. Sa mort a été vécue comme un drame arabe et le deuil national a été instauré pendant 3 jours en Palestine. Mahmoud Abbas l’a décrit lors d’un discours d’adieu comme étant “un amoureux de la Palestine et un leader du projet culturel arabe contemporain”.

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Non Mahmoud, tu ne seras pas oublié.

Un commentaire

  • Kniiiz dit :

    L’écho de la douleur de la Palestine, porte parole du peuple opprimé, chef de file de la poésie arabe. Tes poèmes survivront longtemps, ton nom continuera à briller au firmament du patrimoine culturel du monde. NON il ne sera jamais oublié. لو كان لي أن أكون صبيا لكنتك أنت محمود درويش

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