Lumière invisible, l’exposition de Yahya et Mehdi Qotbi à l’Institut du monde arabe de Paris

Nichées dans l’espace «  mobile art » de l’institut du monde arabe, les 17 œuvres de l’exposition Lumière Invisible de Yahya & Qotbi illuminent un pavillon que l’on doit à l’architecte d’origine irakienne, Zaha Hadid.

Nés de la rencontre entre le peintre des lettres Mehdi Qotbi et le sculpteur Yahya, ces œuvres éclectiques cristallisent leurs conversations dans un  langage qui puise sa source dans la tradition calligraphique des arts islamiques toute en la réinventant avec talent.

Une fois rentré dans l’édifice, on ne peut rester insensible à la beauté de ces lettres entremêlées qui façonnent des sculptures aux formes abstraites géométriques nouvelles. On passe alors devant chacune d’entre elles en scrutant  les moindres reflets qui jaillissent lorsque la lumière, s’engouffrant entre les lettres sculptées, donne vie à ces œuvres aux couleurs métalliques.

Le globe terrestre est une des pièces maîtresses de l’exposition. Avec celui-ci, les deux artistes ont accompli un travail minutieux qui fait la part belle au savoir faire ancestral et  dont la beauté est amplifiée par la « lumière invisible ». En s’approchant un peu de la sculpture, on remarque que les océans prennent forme à partir de la juxtaposition du mot « salam » (paix), reproduit sur toute leur surface. Ce mot en question est le seul qu’on parvient à déchiffrer facilement sur les dix-sept sculptures.

Mais s’il est vrai que ceci montre le pacifisme artistique de Yahya & Qotbi, on peut également y voir une volonté de conserver une part d’invisible et d’indéchiffrable dans ce dernier. Ce voile de mystère correspond à l’identité orientale des artistes et confère à leurs œuvres une aura poétique d’exception.

En choisissant sciemment de sculpter des formes abstraites où se mêlent vrais mots et signes arbitraires, les deux artistes d’origine marocaine ont voulu faire converger la pulsion créative orientale et occidentale  et relater le conte d’une modernité qui honore l’héritage du passé.

Cette exposition se poursuit jusqu’au 7 juillet à l’institut du monde arabe de Paris.

Découvrez la bande annonce de l’exposition :

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