Dar Al-Ma’mûn, le projet ambitieux de Redha Moali

Après avoir occupé pendant plusieurs années le poste de directeur général adjoint d’Exan-BNP-Paribas à Genève, Redha Moali décide de mettre fin à sa carrière dans la finance du marché de projet et s’engage avec sa fortune désormais à poursuivre ses aspirations intellectuelles et réaliser ses aspirations humanistes. Troquant son costume-cravate de trader pour s’adonner aux plaisirs de l’hôtellerie, il lance son premier projet culturel qu’est Dar Fellah dans les environs de Marrakech, en plein milieu de cactus et d’arbres fruitiers. L’hôtel de luxe s’inscrira dans la liste des cinq premiers établissements marocains à obtenir le label de « Small Luxury Hotels », de renommée internationale.

Redha n’a qu’une vision : promouvoir la culture en se basant sur les principes du tourisme responsable en vue du développement local. Il imagine sa vie dans l’art car « la pensée est une denrée rare ». Il ne s’arrêtera donc pas uniquement à Dar Fellah. Sa rencontre avec Carleen Hamon et Julien Amical donnera naissance à un projet encore plus ambitieux. Il s’agit d’un centre d’art au pied de l’Atlas : Dar Al-Ma’mûn, en référence au fils de Haroun El-Rachid, le calife Al-Ma’mûn (celui en qui l’on a confiance), un grand féru du savoir ; un grand homme qui a su donner son étendue à la culture dans Bagdad du IXe siècle. L’initiative de Redha se trouve être également une rétorque aux critiques qui sous-estiment le rôle des Arabes dans la traduction et la transmission du savoir grec à l’occident. « Il y avait une vraie modernité et une grande liberté d’expression à l’âge classique arabe. J’ai créé un centre de traduction pour qu’on redécouvre ces textes », dit-il.

Le centre Dar Al-Ma’mûn comprendra quatre entités distinctes. Une résidence d’artistes sélectionnés de façon draconienne par un jury minutieusement élu (professionnels de renommée tels que galeristes, directeurs d’institutions culturelles, critiques d’art ou commissaires d’exposition). Ils seront invités à séjourner au sein de l’hôtel pour se fondre dans la beauté du paysage et participer à la création d’œuvres littéraires et s’intégrer dans des réseaux professionnels internationaux. Des espaces d’exposition et de conférences seront également mis à disposition ainsi qu’un pôle de recherche et de traduction littéraire en partenariat avec les universités de Marrakech, de Rabat et de Casablanca. Et enfin sans oublier une immense bibliothèque gratuite et ouverte à tous en partenariat avec Bibliothèques Sans Frontières (pour détourner les taxes douanières). Composée de 20.000 ouvrages allant de sciences sociales à l’histoire de l’art en passant par la littérature, la poésie et l’esthétique, elle répond à la conviction première du mécène : l’éducation est un moteur essentiel dans le développement.

En marge de ce projet illuminé, l’entrepreneur s’intéresse également au bien être des habitants avoisinants. Pour ainsi être en emphase avec la certitude qu’il a de se détacher des théories micro/macro-économiques, il compte également faire profiter le village des services de DAM. Sur sa liste de tâches ambitieuses se mêlent diverses activités artistiques à l’école du villages, cours d’alphabétisation de la femme etc… Il se représente l’ensemble comme étant une mini-cité, voulant promouvoir l’échange culturel entre gens aisés, intellectuels et paysans. Ainsi, il rejette catégoriquement le déterminisme social qui consiste à séparer ces souches et hiérarchiser l’une par rapport à l’autre.

D’un financier gagnant confortablement sa vie à un entrepreneur social dans le domaine de la culture, Redha Moali n’est pas prêt d’arrêter sa course. Le rêve du démiurge n’est encore pas terminé.

Visionnez l’intervention de Reda Moali au TedxMarrakech :

 

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