HYBRIDE TOI #2 – Vibrations orientales en plein Paname

Après le succès de leur premier événement au Jardin d’Alice à Montreuil, le collectif Ondes Mêlées organise une deuxième édition de leurs soirées « Hybride toi », avec la volonté de célébrer l’influence de l’Orient dans les musiques actuelles. Au programme: projection, table ronde, concert et clubbing! Rencontre.

Ondes Mêlées un collectif qui a pour vocation de promouvoir l’hybridation musicale

Né fin 2016, le collectif Ondes Mêlées se présente comme un « médiateur de rencontres surprenantes » afin de mieux comprendre le succès des musiques hybrides. Ainsi, ses membres désirent s’inscrire comme des intermédiaires entre ces musiques qui s’entrecroisent et un public avide de découvertes, à l’occasion d’événements ouverts à tous et propices aux échanges. Chaque événement traite d’une facette de l’hybridation pour mieux la définir et tenter de démontrer ce qu’elle peut apporter à un artiste.

Hybride-toi #2

Événement pluridisciplinaire, chaque édition d’Hybride toi est réfléchie pour mettre en lumière l’imbrication de sonorités dans la production de musiques actuelles – qu’elles soient électro, rock, jazz, pop, etc.

À l’occasion de cette deuxième édition, le public sera invité à réfléchir sur les phénomènes d’hybridation de sonorités orientales et occidentales à partir de la problématique suivante : le succès de ce type de sonorités témoigne-t-il d’un nouveau regard sur le monde arabe ?

Une table ronde accueillera plusieurs intervenants spécialistes de la question : Thémis Belkhadra – fondateur de Nayda -, Manju Ka Tilla et Sarah Melloul journaliste chez Onorient. Ces interventions seront complétées par la diffusion d’un court documentaire – réalisé et produit par Ondes Mêlées – afin d’éclairer davantage le public.

Enfin, trois concerts se succéderont en format club afin de clore cette soirée dans une ambiance festive ! Pour l’occasion, le collectif invite différents artistes musicaux qui ont tous en commun de valoriser cette hybridation des genres : Manju Ka Tilla, Al Maari et Ayma.

Rencontre avec Margot Guicheteau et Margot Leroy membres du collectif Ondes Mêlées afin de revenir sur les enjeux de leur démarche.

Dans quel contexte ce collectif s’est-il créé et qui sont les membres ?

Margot Leroy : Au départ nous sommes tous des amis d’enfance ayant grandit dans le XVIIIème arrondissement de Paris. L’équipe s’est agrandie par la suite pour arriver à un projet plus ambitieux. La programmation est toujours pensée et réfléchie en commun. Mais l’équipe est répartie en plusieurs pôles : la production, menée par Pierre Moinet, Cyril Menossi et moi-même, la communication – menée par Margot Guicheteau, Anaïs Combes, Angélique Garnier-Collot et Fantine Garnier-Collot – et enfin la mise en place de partenariats sont prises en charge par Margot Guicheteau et Pacheco Sailhan.

La force de notre collectif est la diversité de chacun de nos profils. ?ous venons tous d’univers différents, avec des sensibilités différentes !

Comment définiriez-vous l’hybridation musicale ?

Margot Guicheteau : La thématique de l’hybridation est un sujet très large. L’approche de l’hybridation sur laquelle nous avons choisi de nous consacrer est de se demander si le mélange de sonorités issues de cultures différentes existe depuis les origines et à partir de quel moment une musique peut être qualifiée d’hybride. Il est intéressant d’observer que l’usage de « musique du monde » tend à disparaître pour laisser place à des termes plus justes et plus spécifiques : « rock taoureg », « electrocumbia », « pop arabe ».

L’hybridation musicale est un moyen d’aller plus loin et de montrer à quel point la musique offre une possibilité d’infinités.

Pourquoi avoir fait le choix de consacrer la deuxième édition d’Hybride toi aux influences de la culture orientale sur les musiques actuelles ?

Margot Guicheteau : Notre volonté est d’aller au-delà de la tendance et d’expliquer ce qu’il y a derrière le succès de ces musiques. La révolution arabe, avec le succès de l’electro Chaabi et l’effervescence artistique qui s’est créée, est l’une des raisons qui a permis la diffusion de ces nouvelles sonorités dans ces régions. Alors, il faut se demande pourquoi en France nous nous intéressons de plus en plus à l’electro-arabe ? Il parait intéressant de voir à quel point l’hybridation a réussi à valoriser l’aspect folklorique de certains artistes comme Omar Souleyman, ou encore l’évolution du public avide de Raï !

Aussi, le choix de ce sujet pour cette édition part d’un véritable coup de cœur pour Al Maari, qui nous a poussé à partir explorer tous les enjeux de ces imbrications.

Pour quelles raisons faites vous le choix d’organiser vos évènements dans des lieux alternatifs ? 

Margot Leroy : Pour nous, il est très important de participer à l’essor des lieux alternatifs dans Paris. Depuis quelques années, de plus en plus de lieux conventionnés apparaissent et subsistent dans un contexte politique et social pas forcément favorable à ce genre d’initiatives. Travailler dans ces lieux, c’est rentrer dans un réseau et participer à la réussite de ces initiatives.

Autour de quels axes votre documentaire s’est-il construit ?

Margot Guicheteau : L’enjeu de notre documentaire n’est pas seulement de définir l’hybridation, mais d’être un produit hybride en lui-même. Pour ce faire, nous avons demandé à chaque intervenant d’improviser une composition orientale au même rythme, que nous avons ensuite mixées à des sonorités occidentales, afin de montrer les possibilités de l’hybridation.

Chaque intervenant (Lucas Piette – un jeune musicien qui s’inspire des sonorités orientales – Jean-François Piette – directeur du conservatoire du Xème arrondissement de Paris et Thémis Belkhadra – co-fondateur collectif Nayda) est invité à nous donner sa définition de l’hybridation à travers le prisme du lieu musique orientale et occidentale et chaque réponse a été différente. Pour Lucas Piette, l’hybridation démontré à quel point la culture des peuples que l’on désigne comme différents est proche en réalité, tandis que Jean François Piette a estimé que l’hybridation était à l’origine due au mouvement des populations avant de devenir acte commercial. Enfin, pour Thémis Belkhadra, l’hybridation est un acte politique ! Leurs arguments s’entrecroisent et prouvent à quel point c’est sujet à interprétation. Leur vision très différente de l’hybridation met en lumière la pluralité des options et des ressentis face à ce phénomène

Plus d'informations

Rendez-vous le 10 novembre à 19h à Le Génie d'Alex - Entrée prix libre à partir de 5€
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