Hany Abu-Assad ou la quête de la liberté palestinienne

A l’occasion de l’édition 2013 du festival de Cannes, nous souhaitons vous faire découvrir Hany Abu-Assad, réalisateur palestinien en compétition dans la section « Un certain regard » avec son dernier long-métrage Omar.

Palestine, ô Palestine

Véritable muse de Hany Abu-Assad, la Palestine reste le thème favori des chefs-d’œuvre de ce réalisateur, comme en témoignent Le Mariage de Rana et Paradise Now. Bien qu’épris par cette terre qu’il a émigrée, il n’hésite pas à peindre un tableau brut de la société traditionnelle palestinienne. Authentique, tel est le cinéma de Hany Abu-Assad. En effet, dans les films consacrés à sa terre d’origine, il dévoile les rêves, les cauchemars et les troubles de ses compatriotes.

Voir, c’est bien, mais savoir, c’est mieux

Effectivement, pour Hany Abu-Assad, l’essentiel est ailleurs : il ne s’agit pas de faire un simple constat déplorable de la situation, mais de révéler au grand public la clé qui permettra aux Palestiniens de s’élever. Comment ? Comment ? Comment ? Ce sont ces mots-là qui habitent ce réalisateur, car chaque film sur la Palestine s’inscrit dans une quête éternelle : la quête de la liberté.

Comment se libérer d’une prison à ciel ouvert ? Vous l’aurez compris, Hany Abu-Assad ne se contente pas de soulever des questions, il cherche des réponses. C’est pourquoi, dans chaque film dédié à la Palestine, il nous propose une réponse, toujours inachevée.

2002 : Le Mariage de Rana, un jour ordinaire à Jérusalem (القدس في يوم آخر)

Rana est la fille d’un notable palestinien de Jérusalem Est, sur le point de partir pour l’Egypte, qui la menace de l’emmener avec elle si elle n’épouse pas l’un des notables qu’il a choisi pour elle. Mais la belle Rana a jeté son dévolu sur un modeste metteur en scène, Khalil, qui se trouve à Ramallah. Elle se lance alors dans une véritable course contre la montre et contre les checkpoints de l’armée israélienne pour lui demander de l’épouser et mettre son père devant le fait accompli. Face à la prison bicéphale de Rana – l’occupation israélienne et l’oppression paternelle, cette romance consacre l’amour comme la clé libératrice ultime. En effet, pour Rana, la liberté ne se trouve pas en Egypte, territoire plus vaste que Jérusalem Est, mais au fond de son cœur, un territoire bien plus réduit mais sentimentalement ô combien infini.

2005 : Paradise Now

Golden Globe Award du meilleur film étranger en 2006 et nominé aux Oscars 2006 dans la même catégorie. Saïd et Khaled vivent à Naplouse et vont commettre un attentat-suicide à Tel-Aviv, mais ils sont interpellés et séparés par la police israélienne lorsqu’ils traversent la frontière entre Israël et la Cisjordanie. Esseulés et cherchant à se retrouver, ils entreprennent un voyage psychologique les faisant osciller de la détermination au doute, un voyage préfigurateur de la chute du film. A travers les figures de Saïd et Khaled, Hany Abu-Assad pousse les Palestiniens à se demander si la violence constitue vraiment la clé ultime dans leur quête de liberté. Alors que les détracteurs du film dénoncent une apologie de la violence, Abu-Assad répond que la violence ne doit pas être instrumentalisée à des fins politiques car il s’agit d’un comportement naturellement humain.

2013 : Omar

Omar, jeune homme amoureux de Nadia, n’hésite pas à franchir le mur de séparation pour retrouver sa promise. Mais, il combat aussi pour la liberté et est suspecté d’avoir tué un soldat, il se retrouve fait prisonnier. Après avoir montré la beauté du geste de Rana utilisant l’amour comme clé et la monstruosité du geste du terroriste qui a choisi la violence, Hany Abu-Assad nous invite à réfléchir sur la situation d’un jeune homme tiraillé entre l’amour et la violence. Quel choix, quel abandon ou quelle combinaison mènera à la liberté ?

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