Festival de Casablanca 2013 : la programmation qui annonce le pire

Culture orientale, dites-vous ? Commerciale et bon marché plutôt ! C’est l’impression que la rédaction d’ONORIENT a eu après avoir consulté le programme de l’édition de cette année du Festival de Casablanca.

En effet, si lors de l’édition 2011, ce sont des artistes tels que Barry, Amazigh Kateb, Africa United ou encore 50 Cent et Sefyu qui ont eu l’honneur de se présenter devant le public casaoui, cette année-ci la direction du festival a opté pour un tout autre genre de programmation. Finie donc la musique enchanteresse de Marcel Khalife ou encore le vibrant hommage à Bob Marley de la part du Bob Maghrib. Cette année, la ville blanche n’aura droit qu’aux déhanchés de la chanteuse libanaise Najwa Karam ou encore au chaâbi du chanteur marocain Daoudi. Et si cela n’est pas suffisant, le public casaoui pourra réécouter une énième fois Don Bigg, Fnaire ou Saad Lemjerrad. Ceci avant de redécouvrir la musique de Stati et de Najat Atabou.

Avec cette programmation qui frôle la médiocrité, le festival de Casablanca affirme donc ses objectifs à long terme. L’idée ne serait donc plus d’offrir au public marocain un festival d’exception, connu et reconnu, pour son intérêt pour la bonne musique, mais plutôt de construire sa viabilité économique. Cela quitte à céder à la musique commerciale et à avoir comme partenaire un grand groupe média du Moyen-Orient, en l’occurrence Rotana, connu pour avoir fait de la musique et du film, des produits commerciaux.  Comme si cela n’était pas suffisant, le festival de Casablanca s’associe aussi pour cette année à Arab Idol, compétition de chant télévisée diffusée par MBC. Le prix de cette association ? La possibilité d’avoir en clôture du festival le gagnant de cette compétition, à savoir Mohammed Assaf, mais aussi d’autres finalistes. Nous sommes donc bien loin de l’optique de ramener des chanteurs et des artistes reconnus mondialement pour avoir contribué au patrimoine mondial de la musique avec leur art.

Néanmoins, une chose est sûre, le festival de Casablanca connaîtra une forte affluence, et d’autres artistes du même calibre souhaiteront venir l’année prochaine. Mais des questions s’imposent : Où sont donc passés nos jeunes artistes de la scène musicale qui peinent toujours à trouver où se produire ? Où est passé notre statut de carrefour des musiques du monde qui nous a valu d’accueillir les plus grands de la musique ? Est-ce bien ceci que nous voulons ? Est-ce bien de ce festival dont nous avons besoin et qui aurait mérité qu’on se batte pour lui ? Probablement pas. Pour le moment, la direction du festival a changé de cap. Place à la musique de supermarché donc, et rien que ça. Pour ce qui a trait à la musique, nous en parlerons plus tard.

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