Fayrouz, la voix de l’orient

Née Nouhad Haddad dans un village libanais en 1935, elle est devenue sous le nom de Fayrouz l’une des figures les plus marquantes de l’histoire de la chanson arabe. Ses chansons ont bercé l’enfance de plusieurs générations et sa voix douce a résonné pour la paix et la tolérance.

Pris par un élan de nostalgie, j’ai décidé de partir à la redécouverte de la discographie de cette diva de l’orient.

Fayrouz est pour le liban ce que Oum Kaltoum est pour l’Egypte. Les critiques de l’époque n’hésitaient pas une seconde à comparer les deux légendes de la musique arabe et surtout, dans un soucis de nationalisme, à fustiger les influences jazz et flamenco de Fayrouz, considérant que la musique arabe se limite aux chants monotones et aux orchestrations basées principalement sur des instruments comme le luth. Fayrouz a séduit le public et a su imposer sa musique tout en démontrant qu’une nouvelle musique arabe aux influences cosmopolites est possible.

Fayrouz a commencé sa carrière au festival de Baalabeck dans une comédie musicale des frères Rahbani en 1957. Elle a ensuite enchaîné les tournées en retournant systématiquement chaque année au festival qui l’a propulsée au devant de la scène arabe. Les thématiques de ces chansons étaient (jusqu’à 1971) très variées mais surtout non-politisées, elle a chanté pour l’amour perdu, le christianisme et son pays natal, le Liban.

L’année 1971 a constitué un tournant important dans sa musique avec l’album Jerusalem in my Heart suite à la défaite des armées arabes face à Israel en 1967. Cet album était très loin de la douceur habituelle de la musique de Fayrouz et de ses compositeurs les frères Rahbani. Certaines chansons (comme Zahrat Al Mada’en, la chanson la plus connue de l’album) ressemblent plus à un chant guerrier qu’aux chansons amoureuses et insouciantes. Cet album dédié entièrement à Jerusalem et le succès qu’il a connu donne une idée sur la profondeur de la plaie que la guerre de 1967 a causé dans l’esprit arabe de l’époque.

En 2010 et à l’âge de 74 ans, Fayrouz, toujours fidèle à ses compositeurs les frères Rahbani, a sorti un album intitulé Eh Fi Amal qui nous fait penser à ses débuts, avec des thèmes comme l’amour, l’espoir et l’insouciance. Elle continue à nous transporter, de nous faire rêver et on aimerait pas que ca s’arrête.

Longue vie à Fayrouz.

Je souhaite recevoir

les articles ONORIENT par e-mail !

Vous voyez, c'était rapide ! On vous envoie un e-mail bientôt !

Laisser un commentaire