Fayçal Rezkallah, le photographe nomade

C’est à l’occasion de notre passage à Oran que nous rencontrons Fayçal Rezkallah, aka Fay la Faille.  Le photographe emblématique d’Oran nous accorde la journée pour une visite de la ville et une présentation de ses activités associatives et artistiques. Au détour de ces rues inconnues et des photographies de l’ISOCLUB que nous présente Fayçal, nous reconstituons petit à petit la mosaïque de la belle ville d’Oran.

L’association des Nomades Algériens

Perchée sur la montagne, Oran n’est pas seulement une ville qui offre des vues imprenables sur l’océan et donne envie d’y faire trempette. C’est en effet une porte vers les nombreux territoires à découvrir en Algérie, que l’association a choisi comme terrain de prédilection pour ses excursions. Fayçal est, en effet, vice-président de l’association des Nomades Algériens qui a été fondée en 2009. Basée a Oran, l’association  a pour principaux objectifs de promouvoir la beauté de l’Algérie et la richesse de sa culture ainsi que d’encourager les jeunes à voyager et à découvrir le pays. L’association organise des volontariats pour aider à réhabiliter des lieux abandonnés ou en mauvais état mais aussi des randonnées et des actions pédagogiques pour les jeunes, afin de les sensibiliser à cette cause.

Fayçal Razkellah ( Fay La Faille ) © Mehdi Drissi

Fayçal Razkellah ( Fay La Faille ) © Mehdi Drissi

Le but de l’association est donc de raviver l’amour de l’Algérie chez les algériens avant tout, puis chez les étrangers, en leur faisant découvrir les merveilleux sites que recèle ce pays. Être « Nomade », c’est apprendre à transmettre les notions de citoyenneté, d’écologie et de protection du patrimoine pour un tourisme responsable, solidaire et instructif. Pour accomplir ces trois missions, les Nomades algériens organisent régulièrement des ateliers et des conférences. L’association, qui a également un journal mensuel,  a d’ailleurs récemment remporté le prix du meilleur site associatif aux Algerian Web Awards. Le terme de « Nomades », qui se traduit comme « Rahala » en arabe, renvoie  d’ailleurs au même concept de Rihla que nous exploitons pour notre Tour, en dépassant les contours nationaux, pour épouser ceux dudit monde arabe.

Le parcours de photographe

Pour Fayçal, du voyage à la photographie, il n’y a qu’un pas. L’inspiration d’une photo peut naître d’un paysage brut et sauvage ou du simple regard d’un bédouin. Fay revient avec nous sur ses débuts et nous raconte s’être toujours amusé à prendre les photos de famille ; à l’époque des petits appareils à pellicule. A 18 ans, on lui offre alors son premier vrai appareil argentique, il y prend rapidement goût et se met à le manier de plus en plus facilement. Avide de nouvelles expériences, Fayçal se dote ensuite d’un numérique en 2005 puis d’un réflex plus récemment. « Ce n’est pas évident de photographier avec un argentique en Algérie », lance-t-il en réponse à une boutade de Mehdi concernant l’évolution technologique de son appareillage.  Fayçal aime se balader dans les rues d’Oran, sa ville natale, dont il est éperdument amoureux mais il s’évade aussi régulièrement avec son appareil dans des territoires plus reculés. En vrai nomade, il s’aventure souvent au Sud et en immortalise la beauté par ses photos; qui lui ont d’ailleurs valu de remporter de nombreux concours (comme celui du Patrimoine Oranais organisé par l’association SDH – Oran ou encore le prix ROZAL CAZAR organisé par l’institut CERVANTES), et d’exposer un peu partout en Algérie, en France et ailleurs. Fayçal nous raconte aussi avoir été jury pour des concours (notamment pour wiki loves earth algeria) et travaillé pour la presse nationale et internationale. xxx

L’ISOCLUB : I shot in Oran

Pour partager sa passion pour la photographie et initier les jeunes a l’exercice, Fay a ensuite l’idée de fonder un club de photo rattaché à l’association des nomades et qui se nomme I Shot Oran -plus communément connu sous le nom d’Isoclub. Lancé il y a 3 ans, le collectif a déjà organisé une quinzaine  d’expositions ainsi que de nombreuses rencontres photographiques qui ont répondu à l’engouement inattendu de la toute première, qui portait le nom de « La photo en fête ». A côté de ces activités, l’ Isoclub assure des formations continues « Les samedis de la photo » qui se déroulent tous les 15 jours et permettent de former à la manipulation de l’outil photographique. Le club compte une centaine de membres à travers le territoire national et plusieurs projets à son actif.

Fayçal Razkellah ( Fay La Faille ) © Mehdi Drissi

Fayçal Razkellah ( Fay La Faille ) © Mehdi Drissi

Ce jour-là, en visitant le local de l’association flambant neuf, on découvre  quelques unes des photographies qui seront exposées à la nuit blanche d’Oran quelques jours plus tard. Capturant la beauté brute de la ville d’Oran, son front de mer et ses ruelles intimistes, les photos semblent suspendues dans le temps et l’espace et reconstituent la mosaïque de la bahia.  Les regards que posent les photographes oranais, tlemceniens, algérois et d’autres villes d’Algérie, sont des angles de vues croisés sur la belle ville portuaire. nuit blanche   En conversant avec les autres membres du club que Fayçal nous présente, on apprend aussi qu’un autre projet d’envergure a été mis en place par le club en 2012 : Une photo, un cartable. L’objectif était d’apporter un cartable tout équipé à chaque enfant de l’école d’Ighzer à Timimoun grâce à la vente de photographies. En trois années d’existence, ISO club a donc su motiver la jeunesse d’Oran et d’ailleurs, pour l’initier à la technique photographique, au voyage et élargir les horizons du partage de l’art et de sa pratique.

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