Entretien croisé. Aziz Sahmaoui et Niño Josele ressuscitent le point de départ

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Leurs premiers pas en France, leur premier déclic avec la musique et les débuts de leur collaboration. Entretien croisé entre deux collaborateurs fidèles qui se sont produits au Festival Arabesques. Aziz Sahmaoui et Niño Josele, deux musiciens que rien ne liait à priori mais qui partagent la scène depuis plus de dix ans.

Aziz, quel a été ton parcours une fois arrivé en France ?

Aziz Sahmaoui – Je suis musicien, j’ai toujours été musicien. Je suis marocain, j’ai grandi là-bas et par la suite j’ai poursuivi mon éducation musicale en France. J’ai évolué à travers mes rencontres avec différents musiciens. Ça a été un tournant important pour moi, ça a donné suite à l’Orchestre national de Barbès. Ce sont ces rencontres qui ont permis de former cet orchestre en 1995. On a fait des mariages et des galas, avant qu’on s’institutionnalise.

Et toi Niño, d’où te vient cette passion pour la musique ?

Niño Josele – C’est assez difficile à expliquer, mais il faut savoir que ma famille perpétue une tradition très forte du flamenco. Toute ma famille joue de la guitare et ce, depuis des générations. J’ai enregistré mon premier disque en France, j’avais 15 ans. Depuis, j’ai exploré de nombreux univers musicaux en dehors du flamenco,  j’ai toujours été curieux.

Niño, comment as-tu découvert la musique de Aziz Sahmaoui ?

Niño Josele – J’ai connu Aziz à travers une amie commune, Sylvia. Elle adorait la musique d’Aziz. Elle m’avait dit qu’il venait jouer en Espagne, je l’ai découvert et je l’ai invité à travailler sur mes disques immédiatement !

Aziz Sahmaoui – Je me souviens très bien de ce jour-là ! Je jouais avec l’Orchestre national de Barbès, je l’ai invité sur scène. Il est venu, et après on a enregistré un disque. Notre collaboration a commencé en 2002.

Qu’est-ce qui vous réunit réellement sur scène après tant de temps ?

Niño Josele – Je ne crois pas au hasard, je crois que c’était écrit que nous allions faire un projet ensemble, un jour.

Aziz Sahmaoui – Il y a la communication, un lien qui s’est construit. Mais on a toujours besoin de quelqu’un qui croit en ce qu’il voit, qui croit en nous, qui nous pousse constamment. Quand j’ai fait mon premier disque, Claire (manager du duo) m’a proposé de travailler avec Niño. C’est elle qui m’a convaincu que même si nos styles étaient différents, on pouvait  créer quelque chose d’unique ensemble.

Vous auriez pu faire un mélange de vos inspirations musicales, pourtant vous êtes arrivés à créer une fusion de vos identités artistiques respectives.  

Niño Josele – J’ai toujours envie d’apprendre de nouveaux rythmes, surtout quand ils touchent à la musique arabe. Connaitre la culture et les traditions arabes m’interpelle beaucoup. Dans ce sens, nous sommes très liés Aziz et moi. On peut aller encore plus loin dans cette fusion des genres.

Et toi Aziz, des envies de sonorités espagnoles ? 

Aziz Sahmaoui – Au Maroc, on a une connaissance des rythmes africains, arabes et espagnols. Nous étudions le flamenco mais quand on a vraiment envie de faire ça, il faut beaucoup de travail pour cerner complètement un registre aussi difficile.

Il y avait une attirance mais il restait de nombreux obstacles alors ?

Aziz Sahmaoui – En fait, il fallait créer une harmonie, séduire le public. Il fallait honorer cette invitation. Cerner le truc, rentrer dans la culture de l’autre, dans le langage de l’autre, comprendre la profondeur de l’autre. Ça a nécessité beaucoup de travail, mais on s’inflige ça avec plaisir.

Le résultat est comment ?

Niño Josele – C’est quelque chose de très transparent, mais on ne comprend pas que c’est une fusion. C’est une musique africo-espagnole d’un nouveau genre. A vous, journaliste, d’y trouver le bon nom ! (rires)

Aziz Sahmaoui – Le résultat est magique, je n’ai jamais vu un gitan maîtriser aussi bien la musique gnaoua.

Parlez-nous de vos influences.

Niño Josele – Il y a mon père puis le grand maître de la musique hispanisante, Paco de Lucia.

Aziz Sahmaoui – Je n’ai pas vraiment de noms qui me reviennent en tête. C’est un ensemble. Ce sont les rythmes qui viennent de ma culture et mon apprentissage musical d’autres horizons comme le flamenco, en plus des rythmes que je pioche d’un peu partout dans le monde.

Deux artistes émergents dans le monde arabe à nous conseiller ?  

Niño Josele et Aziz Sahmaoui – (les deux répondent en même temps) Niño Josele et Aziz Sahmaoui ! (rires)

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