Cheb Akil. L’espoir fauché

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Le 14 juin 2013, à Tanger, Cheb Akil décède dans un accident de voiture, il devait chanter le soir même au Palais des Etoiles.

L’accident, par certains aspects a créé la polémique, la presse algérienne n’ayant pas hésité à alimenter des thèses de complots, le Maroc aurait « tué » Akil, tout ceci dans le but de servir de basses besognes politiques, les mêmes qui font depuis des années durer le conflit entre « les frères ennemis », l’Algérie et le Maroc.

Cheb Akil est né en 1974 à Khemiss Miliana, à quelques kilomètres d’Alger. En cette période, le raï n’est toujours pas le phénomène culturel qu’il a pu être dans les années 80 et 90, mais Akil grandit avec ce son dans les oreilles. En 1987, il a à peine 13 ans et sort son premier album. Constitué essentiellement de reprises des stars de l’époque, à savoir Khaled, Mami et Cheb Hasni.

C’est Abdelkader Cassidy qui repère le jeune artiste et s’occupe d’enregistrer son premier album, le même qui a lancé un des pionniers du raï moderne, à savoir Houari Benchenat dans la fin des années 70. Le succès est au rendez-vous et sacre déjà Cheb Akil parmi les plus grands. Sa place dans le paysage raï se voit confirmée à la sortie de Ne me quitte pas omri en 1989, un premier « tube » qui sera repris par Cheb Bilal, chanteur qui jouit déjà d’une certaine notoriété à l’époque et qui fera découvrir à son public Cheb Akil.

Les débuts de Cheb Akil dans le raï ont été très inspirés du raï-love de Cheb Hasni, ça parle surtout d’amour mais parfois aussi d’autres sujets classiques au registre musical, à savoir l’immigration et les problèmes de la jeunesse de l’époque. Dans les années 90, Cheb Akil enchaîne les réussites. Il sort Malade mental et Hasdou oula tghirou qui élargissent son public et l’impact de sa musique sur la scène maghrébine.

Dans les années 2000, le succès prend davantage d’ampleur. Cheb Akil participe à plusieurs collaborations avec des artistes étrangers, essentiellement en France, avec Magic System, le rappeur Sinik pour supporter l’équipe d’Algérie, participant à la coupe du monde de 2010. Il apparaît aussi dans la compilation Rai’n’b Fever. C’est aussi les débuts de l’utilisation massive de l’auto-tune dans le raï, malheureusement, Cheb Akil n’y échappe pas. En 2012, il sort Mazal Mazal, grand succès en Algérie et dans tout le Maghreb. Il représente alors l’espoir d’un raï qui renaît de ses cendres. Mais il n’en sera rien. Cheb Akil est fauché par la mort. Dans la voiture qui fait l’accident, Cheb Akil est accompagné de son pianiste Fathi, décédé lui aussi et de sa femme enceinte qui, elle survit. Il est inhumé le 16 juin dans sa ville natale de Khemiss Miliana, entouré d’une foule dense, en présence de nombreuses personnalités qui lui témoignent une dernière fois de la trace indélébile qu’il a laissée dans l’histoire du raï.

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