Interview : pause thé avec Boubouteatime

D’un blog à une vocation artistique, il n’y a qu’un pas. C’est ainsi que Bouchra Benhalima s’est lancée dans l’aventure de l’entrepreneuriat. Entre références multiculturelles et rêves d’enfant, ses collages touchent à des thèmes sensibilisant chacun d’entre nous. Face à des collages issus d’un vrai brassage culturel, coloré, et varié, on devine un cerveau qui bouillonne, réceptif à toutes les scènes quotidiennes qui se défilent dans notre monde.

Nous nous sommes entretenus avec elle afin de plonger dans l’univers Boubouteatime !

Comment l’aventure Boubouteatime a-t-elle débuté, principalement cette idée de faire des collages ?

Boubouteatime : J’ai toujours eu le collage dans la peau et ce depuis ma plus tendre enfance. Mais c’est avec le collage manuel que j’ai débuté l’aventure. Petite, je tapissais des cahiers d’images que je récupérais de sources diverses (magazines de mode, décoration, actualité même !), redécorais mes agendas, cahiers de texte. A la fin, je me retrouvais avec une vingtaine de cahiers tapissés d’inspirations aussi diverses les unes que les autres. Je n’ai jamais abandonné ce passe-temps, qui s’est transformé petit à petit en passion. Beaucoup plus tard, alors étudiante en mode, je réalisais des planches d’ambiance qui donnaient le ton des principaux thèmes de nos collections. Photos, morceaux de tissus, les planches d’ambiance dessinent le squelette d’une collection de prêt-à-porter. Une fois diplômée, je décide d’ouvrir un blog dans le but de présenter mon travail. La machine est enclenchée.

Vos collages sont un vrai brassage culturel, entre des références indienne, arabe, orientale, occidentale, accompagnée d’une touche rétro. D’où vous vient ce mélange d’influences?

B : Je suis née au Maghreb, ai grandi et étudié à Paris, vécu un an à Londres, et j’ai eu la chance d’avoir la possibilité de voyager dans bon nombre de pays. Cela provient des différentes destinations du monde où j’ai eu l’occasion de voyager ou les différentes cultures que j’ai pu approcher lors des pays que j’ai eu la chance de visiter.

A travers votre art graphique, pensez-vous avoir trouvé le parfait équilibre entre modernité et tradition, deux sujets qui ressortent de vos travaux ?

B : Je suis fortement attachée à tout ce qui est lié au passé et cela depuis toute jeune. Je puise ma force artistique dans le passé en général, et dans celui de ma propre famille, ainsi que le passé architectural du monde arabe (faïences mauresques, architecture de mosquées, etc…).  Avec le côté moderne des collages Boubouteatime, cela donne en quelque sorte ma vision du monde rêvée, le passé qui se réconcilie avec le présent.

Au-delà du brassage culturel, pourquoi vos collages disposent-ils d’une touche psychédélique ?

B : C’est mon côté décalé qui ressort, probablement venant de ma vie à Londres, où j’ai étudié au London College of Fashion, ainsi que de mes nombreux voyages, notamment Hong  Kong. Je me souviens aussi que dès petite, je détestais la norme, faire « comme tout le monde ». Je n’ai pratiquement jamais suivi de vague, de mouvement. Je confectionnais mes propres trousses, pochettes, je redécorais tous mes jeans… Le côté pop/décalé est une façon de bousculer ce passé et ce présent, encore une vision rêvée du monde.

Voyageuse que vous êtes, y’aurait-il une destination qui vous fait rêver et que vous n’avez pas encore eu l’occasion de visiter?

B : Il y en a des milliers ! Mais si je devais faire un choix, disons que la destination qu’il me hâte de visiter une fois que l’occasion se présentera est le Rajasthan et sa belle capitale qu’est Jaipur, reine de tous les fantasmes d’artistes en tout genre (écrivains, poètes, peintres…). Puis le Sri Lanka, qui me fascine énormément en ce moment, avant que ses côtes ne soient envahies par les complexes hôteliers…

En visitant votre site web, on se rend vite compte que la musique est une source d’influence majeure pour vos créations. Quelles sont vos grandes influences en termes de musique orientale ?

B : Pareil, il y en a tellement que je ne pourrais faire un choix précis, mais si je devais en citer quelques-uns, ça serait l’incontournable Abdelhalim Hafez, Mohamed Abdel Wahab, Wardael Jazairia, Oum Kalsoum et Fairuz.

La marque de vêtements que vous avez lancée est le prolongement de votre blog ou s’agit-il d’un projet indépendant ?

B : Boubouteatime, qui est une marque déposée depuis mi-2011, est centrée principalement sur l’art et le lifestyle (collages sous forme de toiles d’art, papeterie, objets déco, cadeaux, bougies d’interieur…). Museast est, en quelque sorte, une extension de l’univers artistique de Boubouteatime, mais reste essentiellement centré sur le prêt-à-porter casual-chic. Nous l’avons lancée avec des lignes de tee-shirts aux imprimés inspirés des collages Boubouteatime, et nous préparons le nouveau chapitre avec une collection de prêt-à-porter complète). Affaire à suivre…

Récemment vous avez tenu une boutique éphémère à Paris, avez-vous d’autres projets à venir ?

B : Avec l’important succès de la Boutique éphémère, nous sommes en train de préparer la phase suivante, qui est le lancement du showroom et de la boutique-mère Boubouteatime à Paris, d’ici maximum 2 ans. Avant cela, nous en organiserons d’autres, à Paris et ailleurs. Nous pensons de plus en plus au Maroc, qui s’avère être une suite logique de la distribution de nos créations.

 

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