Bei Ru à la rencontre de Beyrouth

Tout droit venu de Los Angeles pour la troisième édition du festival Beirut & Beyond, Bei Ru est un artiste aux inspirations éclectiques qui propose un nouveau regard sur la musique moyen-orientale.

Baruir Panossian, A.K.A. Bei Ru, est né et a grandi à Los Angeles de parents Arméniens ayant passé une partie de leur vie au Liban avant de rejoindre les Etats-Unis. Si en grandissant, il était surtout intéressé par le hip hop et la musique électronique, lorsqu’il commence à produire sa propre musique (Musa Ler Music) Bei Ru choisit de retourner aux sons de son enfance.

 J’avais l’idée de reprendre la musique des vieux disques de mes parents, de les sampler et de créer quelque chose de plus contemporain avec des vieilles mélodies folk ou pop d’Arménie. 

Son premier album, « Little Armenia (L.A.) » (2010) était entièrement dédié à la musique de ses parents. « Je voulais que cette musique attire les plus jeunes qui n’ont pas l’habitude de l’écouter. Je suis heureux quand ils viennent me voir en me disant qu’ils n’ont jamais écouté de la musique arménienne mais que ma musique leur permet de la découvrir ».

Son nouvel album « L.A. ZOOO » (2016) garde cet esprit oriental mais se veut être un pont avec les autres inspirations que sont le jazz, le hip hop ou encore la musique électronique, dont il compose et produit toutes les mélodies ne s’accompagnant de musiciens que pour ajouter quelques instrumentations.

Au festival, son show est à l’image de ce mix qui caractérise son projet musical. Bei Ru reprend avec endurance, l’appétence de la musique orientale pour le développement de thèmes longs qui défilent inlassablement, ponctués de rythmes et de samples aux inspirations très fortes et diverses. Les pleurs des violons sont interrompus des citations d’une langue à une autre pour donner un résultat urbain, témoignage du syncrétisme de son éducation musicale. Pour lui, Los Angeles et son melting pot sont un lieu privilégié pour créer grâce à un public très ouvert à tout genre de musiques.

« J’adore la musique en général et ma collection de disques couvre des régions très différentes. Mais il y a quelques chose à propos de la musique du Moyen Orient et tout particulièrement de la musique arménienne qui m’est très particulier. » Il ajoute, « Certaines personnes diront que l’Arménie est en Europe, d’autres au Moyen-Orient, pour moi c’est un pays de culture moyen-orientale, similaire aux autres pays de la région, à cheval entre le monde perse ou le monde arabe, entre autres. C’est un lieu intéressant, plein d’influences »

Ses mélodies sont entêtantes et nous rappellent des lieux qui nous sont inconnus, comme s’il parvenait à nous faire vivre ses voyages . Récemment il était en Arménie où il a donné son premier show et a fait le plein d’énergie de ce pays qui l’inspire tant. Son parcours est marqué par ses voyages, comme autant d’expériences qui lui permettent de tester sa musique face à un public.

« C’est toujours excitant pour moi de voyager dans un nouveau pays et de chercher des disques de la région, c’est comme trouver des artefacts. » Puis il poursuit « J’étais en Norvège il y a quelques semaines c’était incroyable, j’ai reçu des réponses très positives, les gens dansaient, c’était dingue. L’année dernière, j’ai joué au Koweït pour la première fois. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre parce que danser est illégal, l’alcool est illégal c’est très strict. Quoi qu’il en soit le public bougeait, c’était très intéressant. C’est toujours différent mais très intéressant. »

La musique de Bei Ru enferme cette émotion qu’il recherche lorsqu’il crée. « Quand j’entends un son et que ça me fait ressentir quelque chose de particulier, je sais que c’est dans cette voie que je dois continuer. Ca peut partir d’une mélodie dans ma tête, de percussions ou d’un vieux disque tout dépend de ce que je cherche à créer ».

C’est donc tout naturellement que sa musique, jusqu’à présent instrumentale, l’ait amené au cinéma. Il a notamment composé quelques morceaux pour le film A girl walks home alone at night (2014). Quand il compose, Bei Ru, nous explique qu’il se base sur des images qu’il a dans sa tête, pour lui le cinéma est la combinaison la plus aboutie dans l’art « il y a l’aspect visuel, la musique, l’actorat, le son, c’est quelque chose que je veux faire plus dans le futur ».

En plus de ses projets cinématographiques, nous aurons la chance de retrouver Bei Ru avec un nouvel album à mi chemin entre instrumental et vocal qu’il crée petit à petit sur la route mais également dans son studio de Los Angeles. En attendant, nous pouvons continuer de voyager en réécoutant ses premiers albums.

Pour retrouver l’univers de Bei Ru :

  • Site internet : http://beirumusic.com
  • Soundcloud : https://soundcloud.com/bei_ru

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