Bachar Mar-Khalifé au festival Fragile : Voyage au cœur d’un éclectisme musical

C’est dans l’imposante enceinte du Théâtre des Bouffes du Nord à Paris qu’ont résonné  mercredi 5 juin des sons éclectiques participant à la création d’une ambiance particulière.

Le concert de Bachar Mar-Khalife qui s’y est déroulé n’a en effet pas laissé le public indifférent. L’architecture impressionnante de l’endroit accompagnait les échos de chaque mouvement du musicien. Une harmonie s’est créée autour de chaque élément et nos montres se sont arrêtées de tourner. Plus qu’une simple juxtaposition de titres, Bachar Mar-Khalifé a su profiter de l’espace théâtral qui lui était offert pour nous convier à un véritable transport des sens en choisissant l’ordre de ses titres avec autant de soin que les transitions entre les morceaux. C’est ainsi que se sont succédés K-Cinerea puis Progeri, deux musiques tristes et graves qui ont comblé d’émotion un public surpris par la délicatesse de la musique de Bachar. Puis, avec un crescendo entraînant, nous avons découvert Marea Negra ainsi que d’autres titres plus enjoués qui rappellent qu’il est permis d’espérer même dans les situations les plus sombres.

D’abord solennel et affecté, Bachar est ensuite pris par sa propre musique et se laisse aller dans un mouvement saccadé qui gagne très rapidement toute la salle. Le public présent s’est très vite laissé transporter par les sons qui résonnaient dans l’enceinte de la salle. Au-delà des instruments, Bachar nous a offert une voix sans artifice, elle-même voguant sur les émotions engagées par chaque chanson. Petit à petit, les pieds ont hoché, les corps se sont désinhibés et les têtes se sont synchronisées et à la musicalité que nous offrait l’artiste, seul sur scène. Le passage des sonorités graves aux sons électro plus gais s’est fait avec une surprise qui a déstabilisé le public et faisait partie intégrante d’une mise en scène savamment orchestrée. Bachar Mar-Khalifé a joué avec nos émotions en nous renvoyant à un voyage intérieur. Nous étions témoins d’un artiste hors des cadres prédéfinis, dans un style qui lui est propre. Finalement, Bachar s’est engagé à nous faire vivre sa musique.

Au fil des morceaux, les percussions se sont superposées avec douceur et Bachar a utilisé une large palette d’instruments pour nous offrir un festival bouleversant de sensibilité. Son ingéniosité s’est traduite simplement par sa maîtrise de chaque instrument. Pourtant, à en croire l’artiste, il était encore novice quant à l’utilisation du matériel ce soir-là.

C’est véritablement un spectacle mené par un seul maître qui a illuminé nos oreilles. Les sonorités orientales ont alors pris des accents occidentaux en enchantant un public des deux horizons tant par le mélange des genres que par l’harmonie musicale qu’il produisait. Fruit d’un clavier incandescent et d’un subtil mélange de percussions, les titres du nouvel album de Bachar qui laissent une grande place à sa voix suave et lui ont permis de délivrer un message fort et touchant qui a achevé de nous combler.

Redécouvrez la chronique de son dernier album et la playlist K comme Khalifé.

Article réalisé en collaboration avec Hajar Chokairi.

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