Bab El West, un souffle de métissage venu de l’ouest

Crédits photo: Pierrick Guidou

Bab El West. 3 mots qui sonnent comme une brise légère. Impossible de ne pas reconnaître l’originalité et l’authenticité de ce groupe dont le premier album sort en mai 2017.

Porté par les musiciens originaires de Bretagne, Clément Vallin et Marc Dupont, et par le guitariste et chanteur d’origine marocaine, Habib Farroukh, ce projet est un véritable concentré d’énergie positive. Bab El West donne le sourire en toutes circonstances et met de la joie dans les cœurs. On se retrouve embarqués dans cette atmosphère chaleureuse qu’ils ont su créer, à laquelle chacun apporte sa touche personnelle. Un univers où il n’est pas rare de voir les deux jeunes artistes bretons devoir passer leur test de « chaabi » en concert puis d’entendre le public s’exclamer « raconte » à chaque répétition du mot « Histoire » par le chanteur.

Une histoire, une rencontre, Bab El West est tout cela à la fois, et bien plus encore. C’est aussi un voyage, une volonté de métissage, dont nous sommes les spectateurs mais où l’on garde la pleine liberté d’en devenir nous-mêmes les acteurs.

Bab El West (la porte de l’Ouest), l’histoire d’une rencontre

La rencontre est celle du duo breton et de Habib Farroukh, artiste berbère, en 2011, dans des Jam parisiennes. Une réelle complicité se tisse petit à petit entre les trois artistes, et crée ainsi un univers à part. Ils décident de poursuivre l’aventure et d’explorer les possibilités en traçant les contours de Bab El West. Bab El West prend vie au gré des concerts, au fil de leurs rencontres artistiques et personnelles.  C’est cette vie, cette force et cet optimisme à toute épreuve qui pousse leur art toujours plus loin et nous saisit avec vigueur, en plein cœur.

Le trio est rapidement rejoint par Nidhal Jaoua (Jazz Oil) au Qanun, instrument oriental traditionnel, et Hamza Benchérif à la guitare. Ils repoussent les limites des genres, mêlent les influences pour donner naissance à une identité sonore unique, fruit de leur découverte mutuelle. Ensemble, ils composent un répertoire pop saupoudré de folklore maghrébin avec une touche afro. Un mélange dont eux seuls ont la recette.

Bab El West est une aventure. Un voyage dans lequel on se laisse volontiers embarquer par la plume délicate de Habib. Une sensibilité à fleur de peau qui nous entraîne sur des sentiers jusqu’alors inexplorés. Place à l’imagination. Une fois la curiosité piquée, impossible de ne pas attiser la flamme. À travers les mélodies, le public est transporté d’un Ouest à un autre, de façon si fluide que cela en est presque étourdissant. À travers ses textes poétiques et sincères, Habib nous prend la main pour nous guider dans le jeu de la double lecture. A travers les métaphores, comme dans « Dib », l’on se jette d’abord aveuglément dans une déclaration d’amour infructueuse avant de se rendre compte qu’il s’agit aussi de la demande d’un émigré à sa propre terre qui le rejette.

Douar, le premier né

Force est de constater que les acolytes ont su trouver un lien unique entre la Bretagne et le Maroc : le nom de leur premier album. Surprise lorsque l’on comprend que Douar signifie en arabe « petit village » ou bien encore « hameau » quand il veut dire « terre » ou « domaine » en breton…

Pour eux, Douar est bien plus qu’un simple mot figé dans le temps. Douar est cette ambition de vouloir s’exprimer au-delà des différences, qu’elles soient culturelles ou encore linguistiques. Cette volonté de faire tomber les frontières, de déconstruire les barrières. Douar, c’est aussi ce désir d’identité collective dans « l’indifférence urbaine », un manifeste, celui de cinq artistes venus de l’Ouest… du Maroc à la France.

Parmi les titres, on retrouvera « Touria », hommage à Touria Chaoui, première femme pilote de ligne au Maroc, assassinée à l’âge de 19 ans, mais aussi « Aimer et rester libre », qui traite avec subtilité et clairvoyance de la problématique du mariage forcé.

Bab El West nourrit cette envie de s’ouvrir et a su, pour cela, s’entourer d’artistes aux origines diverses tels qu’un saxophoniste breton ou encore un percussionniste gnaoua. Douar puise son style dans l’éclectisme de ses sonorités à la fois gnaoua, afrobeat, zouk, chaabi mais aussi celtiques, tout cela sur un fond indéniablement pop. Un album qui promet d’ores et déjà de réserver plein de surprises et d’être débordant d’énergie, à l’image des 5 compères.

En attendant leur concert de lancement en prévision de la sortie de leur album en mai 2017, suivez-les: Bab El West.

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