Assa’aleek : de l’Orient, notre ouïe se délecte

D’Idlib, en passant par Tartous, Homs, Damas et même la Norvège, c’est avec un message imprégné de sens et un but certain que Abodi, Nazeer, Sam, Mona, Mohamad, Inger et Ahmad se baladent à travers le folklore syrien et le revivifient.

Bercés par une multitude d’horizons, c’est à Beyrouth qu’opère l’incantation entre les membres du groupe de musique syrien, « Assa’aleek / الصعاليك ».

Nous sommes tous partenaires dans la vie.
La terre est à nous et la musique à tout le monde.

كلنا شركاء في الحياة، الأرض لنا و الموسيقى للجميع

C’est tout d’abord Mohamad Khayata et Ahmad Naffory qui, en 2013, fondent le groupe « Assa’aleek ». Pluriel de « sa’alook », le terme fait référence à quelqu’un de modeste, ayant de bonnes intentions, un « brigand de bienveillance. ». La bande « Assa’aleek » se compare entre autres aux poètes et chevaliers marginaux de l’époque préislamique « Al Saalik », défiant la société et les valeurs traditionnelles dans leurs vers, pour rendre justice aux plus démunis. Le but de cette version contemporaine est de continuer dans cette lignée mais à travers leurs musiques et leurs paroles.

L’art, la musique ne devraient pas seulement être destinés à ceux qui en ont les moyens, ça doit être accessible à tout le monde, comme la paix, la beauté, l’amour, le bonheur.                                                  

Aujourd’hui, le groupe compte Sam Abdullah, Mohamad Khayata, Abdullah Jatal, Inger Hannisdal, Mona Al Merstany et Nazeer Salama.

Sam, musicien (voix, oud et composition), et Abdullah (percussion, chœurs), originaires de Homs et Idlib ont quitté la Syrie pour Beyrouth bien avant la guerre. Sam, pour y étendre sa carrière artististique, et Abdullah, pour ses études. Quant à Nazeer, musicien (guitare), lui originaire de Tartous sur la côte syrienne, a rejoint Beyrouth pendant la guerre en Syrie. C’est également le cas de Mona, artiste (voix), Mohamad, artiste (percussion, chœurs) et Ahmad, artiste (voix, guitare, composition) originaires de Damas. Enfin, Inger, musicienne, (violon, rababa, percussion, chœurs) originaire de Norvège, rejoint, elle, le Liban en 2014 pour approfondir ses études sur la musique arabe.

S’entrelaçant à la mélodie de l’oud mêlée à celle de la guitare, du violon et des différentes percussions, les voix de Mona et Sam, mariées aux chœurs nous charment dans l’illusion d’un périple. De l’Orient, notre ouïe se délecte.

Et même s’ils ne l’ont pas tous fui, la guerre, ils le disent, a eu un réel impact sur eux – chacun de manière différente. Toutefois, ce sont les circonstances qui leur ont permis de se rencontrer à Beyrouth, sans quoi ils n’auraient pas formé leur groupe musical. Et au-delà, ils voient aussi la guerre comme une leçon. Aujourd’hui, les frontières sont pour eux une illusion.

Nous sommes plus grands que les frontières, nous sommes égaux. Nous nous fichons de l’éducation, la religion, la sexualité ou le genre des uns des autres. Nous sommes des êtres humains.

C’est pour cela qu’ils refusent de prendre parti dans cette guerre, à part celui du peuple. Et, c’est à travers leurs textes et leurs reprises ravivées, qu’ils transmettent leurs messages au monde.

Nous considérons notre art comme une forme de responsabilité auprès de la culture syrienne.

C’est avec cette belle « arme » de paix, la musique, qu’ils choisissent de lutter contre le sectarisme, la violence et l’oppression. Ils souhaitent remédier aux stéréotypes négatifs et à la destruction touchant actuellement la Syrie et son patrimoine.

Depuis la guerre, il est devenu difficile, presque impossible pour un syrien d’obtenir un visa et voyager. C’est pourquoi, Assa’aleek espèrent que leur musique parlera pour eux, qu’à travers elle, ils seront entendus… Et c’est réussi. Même sans visa, ils parviennent à nous faire voyager par leur douceur, leur humour, leur poésie.

On s’attache.

Pour suivre Assa’aleek : leur page Facebook et Instagram.

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