Apo and the apostles : Un vent de bonne humeur venu de Palestine

Dès les premières notes, le ton est donné. La musique enjouée d’Apo and the Apostles souffle comme un vent de fraîcheur sur une chaleur parisienne qui s’est trop longtemps fait désirer. En se frayant un chemin entre les corps, elle fait se déhancher jeunes et moins jeunes et charrie des paroles voguant allègrement entre le romantisme et la désinvolture.

C’est, en effet, dans une ambiance détendue et joviale que le vocaliste et guitariste Apo Sahagian nous embarque avec ses joyeux apôtres : Karim Morcos à la guitare, Firas Harb muni de sa retentissante trompette, Amir Handal à la basse et Pierre Taweel à la batterie.

Les membres du groupe ont chaleureusement partagé avec nous leur ressenti après leur tout premier concert en Europe, au festival Pèlerinage en Décalage.

Nous avons rencontré pour vous Apo and the Apostles et nous vous livrons ici le témoignage de leur bonne humeur communicative.

ONORIENT : Vous chantez en d’autres langues que l’arabe et l’anglais, on a notamment reconnu de l’arménien ce soir. D’où vient ce choix ?

Apo : Dans nos albums, on essaye de mélanger les cultures en utilisant des langues diverses. L’arménien, le grec, l’arabe, l’espagnol, l’italien et l’anglais ne sont pas toutes des langues que l’on parle couramment mais on les utilise pour créer une musique multiculturelle.

ONORIENT : Diriez-vous que ce multiculturalisme vous définit en tant que groupe ?

Apo : Nous sommes un groupe multinational et plurilingue.

Firas : Apo est arménien, Karim est Canadien d’origine égyptienne et Pierre, Amir et moi sommes palestiniens de Bethléem. Le mélange des cultures et la fusion des langues et des rythmes sont l’âme du groupe, c’est ce qui nous définit en tant que musiciens.

ONORIENT : ONORIENT : Cela se ressent aussi dans le style. Comment considérez-vous votre style de musique ?

Karim : Tout en ayant une influence occidentale, notre musique garde des rythmes très orientaux. La trompette parachève cette fusion de cultures et lui apporte de la bonne humeur et un esprit festif. Comme disent les journalistes arabes « Votre musique est sympathique, mais le saxophone (sic) est d’un tout autre niveau… »

 

ONORIENT : Le public est-il aussi le reflet de votre multiculturalisme musical ?

Tous : Notre hit (baji wanak) fait un tabac auprès des enfants de 2 à 5 ans (sic). Plus sérieusement, c’est vrai que notre hit est une chanson un peu pop. Mais ce que les gens apprécient dans notre musique c’est qu’elle est accrocheuse et entrainante.

Si les gens vivent notre performance comme un concert au lieu de se sentir dans une fête, alors on a raté notre objectif. Ce soir on a eu l’impression que c’était une fête à Paris car le public était réactif.         Ce qu’on aime, c’est que les gens dansent et qu’ils passent un bon moment. On est pas forcément parfait musicalement mais on y met des vibes. En arabe il y a un bon terme pour cela, c’est le ‘جو’ (jaou), l’ambiance .

ONORIENT : Au Maroc, on appelle ça « حيحة » (hayha). Vous avez d’ailleurs chanté une chanson maghrébine aujourd’hui (123 Soleil). Cela vous arrive souvent de faire des reprises pendant vos concerts ou c’était une dédicace parisienne ?

Apo : On a essayé de choisir nos meilleures chansons pour les présenter aujourd’hui car c’est notre premier concert en Europe. Cette chanson faisait partie des 3 reprises que nous choisissons pour chaque représentation.

ONORIENT : comment vous êtes-vous rencontrés ?

Apo : Notre groupe est le fruit de rencontres fortuites. C’est Mai – la fille qui chante dans Baji et qui poursuit maintenant son chemin de son côté en Suède – qui nous a présenté les uns aux autres.

ONORIENT : Comment sentez-vous avoir évolué entre vos deux albums : « Got no Eden » et « Back to Sababa »?

Firas : Back to Sababa est plus mature. Le premier album était assez pop alors que ce deuxième album regroupe des chansons plus réfléchies et travaillées.

Karim : Mais malgré les différences entre les albums, on retrouve une sorte de continuité, un noyau dur qui reste le même dans les deux

ONORIENT : Et maintenant vous travaillez sur votre 3ème album – dont on a écouté quelques chansons ce soir – c’est bien cela ?

Apo : On enregistre en effet un nouvel album. Il devrait sortir à la fin de l’été. Je ne veux pas m’engager sur la date. C’est un timing à l’arabe.

جاي (trad. « il arrive » ) comme on dit chez nous.

ONORIENT : Vous jouez partout en Palestine et en Israël ?

Tous : Oui, partout où on nous invite. On a joué à Jérusalem, Bethleem, Ramallah, Amman, Jorfa, Haïfa, mon garage, son garage.

ONORIENT : Y a t-il beaucoup de groupes multiculturels comme le vôtre?

Firas : Pas vraiment ; à Bethleem il y en a trois ou quatre maximum. A chaque fois qu’on se produit on essaye de pousser d’autres groupes à nous rejoindre pour se familiariser avec la scène.

Karim : La jeunesse palestinienne a du potentiel mais il y a encore beaucoup de talents inexploités dans le domaine musical.

ONORIENT : Un dernier message ?

Karim : On aime Paris. C’est notre premier concert à Paris et on a vraiment apprécié l’ambiance. On aimerait vraiment rejouer ici donc on espère que cela vous a plu.

 

Mots recueillis avec l’aide de Oumayma Ajarrai.

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