Acid Arab. Derbouka on the dancefloor

La musique arabe a la cote en ce moment, notamment dans les milieux indépendants. Et c’est surtout grâce au phénomène de la musique electro-syrienne de Omar Souleyman qui a créé un véritable engouement autour de la musique électronique à sonorités orientales. Acid Arab, un duo de DJs parisiens (Hervé Carvalho et Guido Minisky), s’inscrivent dans cette même mouvance et font de la musique électro-orientale leur fond de commerce.

Que l’on soit clairs, Acid Arab ne sont pas des avant-gardes. Leur musique, comme leur nom l’indique, est un mélange entre l’acid house et la musique arabe, ou de la musique orientale pour être plus précis. Ce genre de mélanges n’est pas vraiment nouveau car nombreux sont les DJs du monde arabe qui s’adonnent à cet exercice. Ainsi, vous pouvez facilement vous retrouver à danser dans une boîte de nuit à Tunis sur une musique électronique des années 2000, ponctuée des mélopées très rétro d’Oum Kalthoum.

Là où la musique d’Acid Arab trouve son intérêt, c’est justement dans le fait que les deux producteurs ne soient pas arabes. Ce détail leur permet d’explorer toute la musique de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient et ainsi, souvent, d’aller plus loin que les artistes du cru eux mêmes. Vous ne trouverez que très rarement (voire jamais) un DJ égyptien créer une musique house à base de musique berbère du Moyen Atlas. Acid Arab font ce travail et vous font basculer de l’autre côté du monde arabe en une fraction de seconde. Cette souplesse leur garantit une grande liberté et leur offre la possibilité de se renouveler constamment et de surprendre.

Acid Arab ne font pas du zèle. Leur musique n’est pas principalement orientale, elle est surtout house avec un assaisonnement oriental. Ils y vont certes à coup de youyous et de derboukas pour maintenir une ambiance franchement arabe mais ce n’est jamais dans l’excès. Ils vont même plus loin, et c’est très certainement là où réside leur coté expérimental, en introduisant dans leur musique des paroles très improbables. Ne vous étonnez donc pas si vous tombez sur une musique house et bien acide avec une voix récitant un des poèmes d’Abu at-Tayyib al-Mutanabbi (oui, il s’agit très certainement d’une première et ce n’est pas déplaisant).

Il s’agit donc principalement d’une musique pour boite de nuit et ce n’est en aucun cas péjoratif de dire ça. On danserait bien dessus, mais elle est vraiment difficile à écouter en boucle. Berberian Wedding est probablement la musique la plus intéressante du registre d’Acid Arab et surement la plus différente de ce qui se fait dans le monde de la musique électro-orientale, on peut y distinguer la voix de jeunes filles berbères fredonnant en chœur des chants amazighes.

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