3000 nuits dans l’enfer des prisons israéliennes

Crédits: Nour Productions

3000 nuits, entre lutte palestinienne et combat pour la vie. Un film rempli d’humanité à découvrir sans plus tarder.

Il est des films dont on ressort ému aux larmes, dont on ne se remet jamais complètement et dont on a envie de dire au monde entier « si j’étais toi, j’irais de ce pas le voir au cinéma ». 3000 nuits, de la réalisatrice Maï Masri fait partie de ceux-là. L’histoire se passe dans une prison israélienne dans les années 80, Layal y enfermée pour huit années. On y découvre la lutte au quotidien pour la vie et surtout le combat d’une jeune mère contre l’injustice. Un chef d’œuvre.

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Depuis 1948, 700.000 Palestiniens sont passés par les prisons israéliennes. Aujourd’hui ils sont 6000 à y être enfermés.  Les chiffres font froid dans le dos. « Presque chaque Palestinien a une expérience avec les prisons de l’occupation: soit il y a été, soit un de ses proches y a été enfermé. » nous confie la réalisatrice.

Aujourd’hui, plus que jamais au vu de l’actualité, il est important de soutenir des films tels que 3000 nuits pour ouvrir les yeux et réveiller les consciences.

3000 nuits d’injustice

1982, Naplouse, Layal, une jeune institutrice palestinienne est arrêtée. Elle est accusée à tort d’avoir participé à un attentat et est condamnée à 8 années d’enfermement dans la section femmes d’une prison israélienne. Sa vie bascule d’une seconde à l’autre. Violence, torture, drogue, méfiance, insultes, Layal se voit confrontée à la réalité carcérale.

Après quelques semaines, la jeune femme découvre qu’elle est enceinte. Tout le monde, y compris son mari, la pousse à avorter mais  elle décide de garder l’enfant. Layal accouche seule, les mains menottées au lit de l’infirmerie de la prison. Nour, son nouveau-né, son espoir, est accueilli en fête par les autres prisonnières palestiniennes qui partagent sa cellule. Les murs sont gris, les uniformes informes et pourtant, la joie règne et les youyous célèbrent la vie.

Crédits: Nour Productions

Crédits: Nour Productions

Nour grandit entre les quatre murs de la cellule, sa mère met tout en œuvre pour le protéger des violences de la vie quotidienne et pour le faire rêver et l’évader de cette sinistre réalité.

La toile de fond du film qui se déroule dans les années 80 est la lutte palestinienne pendant la guerre du Liban. Quand les détenues apprennent l’horreur du massacre des camps de Sabra et Chatilla, elles entrent dans une grande révolte et entament une grève de la faim.

Une histoire humaine

Le film est dur, mais l’émotion fait couler les larmes du début jusqu’à la fin. Que ce soit à travers l’entraide entre prisonnières, les premiers pas de Nour ou le combat des femmes pour la lutte palestinienne ; le film emporte et gonfle le cœur.

 Je me suis inspirée de faits réels en interrogeant d’anciennes prisonnières palestiniennes de centre de détention israélien. explique Maï Masri.

Si 3000 nuits est son premier long-métrage de fiction, elle est cependant très loin d’en être à ses débuts. En effet, la réalisatrice a signé plusieurs documentaires sur les souffrances des palestiniens et l’occupation israélienne dont 33 days en 2007, Frontiers of dreams and fears en 2001 ou encore Children of Shatila en 1989. Ceux-ci ont été couronnés par de nombreux prix internationaux.

Le film est une ode à la femme et à la vie. De la première, à la dernière scène, 3000 nuits est tourné avec une grande justesse et déborde d’une immense sensibilité. « Je voulais partager une histoire humaine » raconte Maï Masri.

Tous les rôles féminins du film ont été joués par des Palestiniennes. « Certaines étaient des actrices professionnelles et d’autres n’avaient jamais joué auparavant » ajoute la cinéaste. Le tournage s’est déroulé en Jordanie dans une véritable prison désaffectée.

Le film, qui ne sortira officiellement en France que le 4 janvier a déjà bien fait parler de lui. En effet, en avril dernier le maire d’Argenteuil a décidé d’interdire la projection du film qu’il jugeait trop polémique.

« J’ai été vraiment surprise qu’une situation pareille se passe en France. Mais grâce au soutien des associations et des cinéastes, on a fini par le projeter et finalement tout ça a apporté un gros coup médiatique au film » nous explique la réalisatrice.

Ken Loach qui venait de recevoir la Palme d’or, s’est lui aussi révolté contre cet acte de censure. Il a adressé une lettre de soutien aux associations :

 J’ai vu 3000 nuits lundi. C’est un film puissant et important qui raconte une histoire que nous devrions tous écouter. Interdire ce film est parfaitement odieux. C’est un déni de la liberté d’expression. Le maire d’Argenteuil couvre de honte sa fonction et la ville qu’il représente.

Et enfin, si vous n’êtes toujours pas convaincus, sachez que le film a raflé toute une série de prix comme le TaoEdu Young Prize, le Youth Jury Award au festival du film et forum sur les droits humains en Suisse et le prix du public au Festival International du Premier Film d’Annonay en France

Où le voir ?

Le film est sorti en Palestine, en Jordanie, en Egypte, au Liban et au Kuwait. Il sera à partir de Septembre/Octobre, à l’affiche en Tunisie, aux UAE, au Bahreïn et en Suède.

En France, le film sera projeté ce 8 juillet au cinéma Chaplin Denfert à Paris mais sortira officiellement le 4 Janvier 2017.

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